Superbonus et optimisation fiscale : le salaire du PDG de Renault pose question

Superbonus et optimisation fiscale : le salaire du PDG de Renault pose question

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Par Virginie Cresci

Publié le

Le salaire des salariés, lui, n’a pas augmenté d’un centime

Cette année, une petite nouveauté, due à la loi “Sapin 2”, vient perturber les petits montages financiers du PDG de Renault. Cette loi relative à la transparence et la lutte contre la corruption dans les entreprises oblige les actionnaires (donc dans ce cas l’État) à valider le salaire de M. Ghosn.
Une procédure qui n’est pas au goût du géant de l’automobile français, qui s’était accroché avec Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, en 2015. Emmanuel Macron voulait utiliser la loi Florange chez Renault. Pour faire simple, cette loi permet aux actionnaires “historiques”, donc l’État, d’avoir un droit de vote qui compte double. Pour ce faire, rappelle France 24, le locataire de Bercy avait augmenté la participation de l’État au capital de Renault en prévenant Carlos Ghosn à la dernière minute.
Cette année, Bercy a annoncé que les représentants de l’État lors de l’assemblée générale voteraient contre la rémunération de Carlos Ghosn, qu’ils jugent bien trop excessive, tout comme ceux des salariés (actionnaires à 2,09 %), qui eux, n’ont pas vu leur salaire augmenter. “La rémunération au regard des responsabilités, c’est bien, a déclaré Franck Daoût délégué syndical CFDT chez Renault, mais à un moment donné, il y a un problème d’échelle : la rémunération des salariés n’a pas suivi la pente de celle de M. Ghosn.”
Notons qu’en 2016, Carlos Ghosn, âgé de 63 ans (âge de la retraite pour certains) a touché au total 15,6 millions d’euros, si on ajoute son salaire de PDG chez Nissan à celui de Renault. Cela fait de lui le troisième patron le mieux payé du CAC 40, comme l’a révélé la société de contrôle des investisseurs Proxinvest.
Pour le moment, Emmanuel Macron, devenu président de la République, n’a pas réagi à cette augmentation de salaire pas très nette. Il attend, sans doute, la délibération de l’assemblée générale de Renault. Affaire à suivre.

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