Le stade de Montréal transformé en abri pour les réfugiés haïtiens qui viennent des États-Unis

Le stade de Montréal transformé en abri pour les réfugiés haïtiens qui viennent des États-Unis

photo de profil

Par Théo Mercadier

Publié

À la suite des déclarations de Donald Trump remettant en cause leur statut de réfugié aux États-Unis, des milliers d’Haïtiens viennent chercher l’asile politique au Québec, forçant les autorités à adopter certaines mesures insolites.

À voir aussi sur Konbini

En juillet, 1 200 personnes ont déposé une demande d’asile auprès du Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA). C’est quatre fois plus que la moyenne mensuelle du Québec, et 90 % d’entre eux sont haïtiens. Depuis le terrible tremblement de terre qui a frappé l’île en 2010, 58 000 Haïtiens résident aux États-Unis sous un statut protégé. Une protection à laquelle l’administration de Donald Trump a menacé de mettre un terme, jetant sur les routes des centaines d’Haïtiens effrayés à l’idée d’être expulsés. « On n’a jamais vu ça », s’alarme Francine Dupuis, porte-parole du PRAIDA.

C’est vers le Québec voisin que ces réfugiés partent pour demander l’asile. Car en février dernier, Montréal s’est autodéclarée ville refuge : les personnes potentiellement menacées par la politique du résident de la Maison-Blanche sont assurées d’y trouver un accueil humain et un accès aux services administratifs, sans risque de se faire expulser. « La police canadienne est très gentille, très accueillante », témoigne l’un d’entre eux au National Post.

Police, associations, mairie… tout le monde est au diapason. Le maire de Montréal a ainsi tweeté ceci le 2 août :

Mais du fait de cette bonne volonté, les structures d’accueil (écoles vides, hôtels, etc.) viennent à manquer. Pour assurer à chacun de ces réfugiés des conditions de vie dignes, les autorités québécoises se sont résolues, entre autres, à un choix pour le moins étonnant : transformer le stade olympique de Montréal en centre d’accueil d’urgence.

En deux jours, 150 lits ont été installés dans un hall qui peut, à terme, en accueillir 450. Les réfugiés auront également accès à une vingtaine de cabines douches et devraient pouvoir rester environ deux mois sur place. Mais que les Québécois fans de sport se rassurent, les activités du stade continueront à tourner à plein régime. Sachez juste que votre arène favorite sert désormais à rendre ce monde un peu plus doux.