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Spooky Black : r’n’b nouvelle génération au goût de malaise

Publié le

par Tomas Statius

Spooky Black : r’n’b nouvelle génération au goût de malaise

Spooky Black : le visage du malaise et de la candeur

 Et si les comparaisons pleuvent à son sujet (Yung Lean pour le pendant wigga déjanté et la jeunesse, The Weeknd pour la voix cristalline), on doit dire qu’il est bien difficile de trouver un qualificatif à même d’appréhender le mélange qu’il propose (une embuche rencontrée par de nombreux critiques musicaux). Car l’originalité de Spooky Black  est qu’il étonne autant qu’il décontenance.

R’n’b Next Gen X Neurasthénie

À commencer par sa précoce maturité artistique.
Spooky a une superbe voix, et la pureté de son timbre est pleinement soutenue par les productions fines et abstraites des trois beatmakers auxquels il a fait appel dans le cadre son premier long-format (j’ai nommé GREAF, Dj Luxurious et Flue). Ainsi que sur le titre “Leaving”, extrait d’un EP à paraître sur lequel on ne sait pas encore grand-chose.

 
Outre cette qualité innée, Spooky sait s’entourer.  Le jeune homme s’est récemment affiché également au côté de la jeune garde de la twin cities (surnom de l’aire géographique comprenant Saint Paul et Minneapolis) comme le producteur Psynum et la chanteuse K.Raydio, petits protégés du site Okay Player dont l’album collaboratif était en écoute intégrale et exclusive.
La puissance était encore une fois au rendez-vous.

Et si le jeune garçon a indéniablement de la classe dans la voix, c’est aussi sa mélancolie qui apparaît comme un signe distinctif du style “Spooky”. Un trait qui n’est pas sans rappeler un autre blanc-bec adepte de la VHS et des compositions abstraites, BONES. Comme lui Spooky semble se nourrir de cette langueur qui colle à la peau. Comme lui, le natif de Saint Paul joue avec cette neurasthénie qu’il met en scène. Comme lui, il est un adepte de lo-fi, du vide, et se pose comme un mec véritablement en devenir. 

Du fin fond du north star state, Spooky Black nous envoie des messages doux amères. Il nous parle de mort et d’amour. On aime l’écouter. Et on espère qu’il ne s’arrêtera pas.

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