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Sous les néons de Las Vegas, la vie souterraine obscure des SDF

Sous les néons de Las Vegas, la vie souterraine obscure des SDF

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Par Anaïs Chatellier

Publié le

Un contraste impressionnant avec la surface

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Dans un premier temps, nous avons d’abord trouvé beaucoup d’eau et de béton. C’était assez flippant, nous avions l’impression d’être dans un lieu très mystérieux“, nous raconte le journaliste. “Puis au fur et à mesure de notre expédition, nous avons découvert de magnifiques graffitis avant de rencontrer des SDF“.
Curieux d’en savoir plus sur ces personnes qui ont élu domicile de manière plus ou moins provisoire dans un recoin de ces catacombes modernes et fasciné par le contraste avec le strass et les portes-monnaie bien garnis de la ville de tous les excès, Matthew y retourne alors régulièrement.

Cette fois-ci muni d’un magnétophone, d’une lampe torche et d’un équipement adéquat pour arpenter les entrailles de Las Vegas, il part à la rencontre de cette population invisible. “En août 2004, j’ai pris un congé sabbatique pour pouvoir explorer les tunnels au maximum“, précise-t-il. Intrigués par ce journaliste qui s’intéresse à eux, les habitants des souterrains l’accueillent plutôt chaleureusement, n’hésitant pas au fil des rencontres à lui raconter leur parcours, des témoignages qu’il regroupe dans son livre Beneath the neon.

J’y ai rencontré des personnes âgées de 15 à 75 ans. Même si la plupart du temps, ce sont des hommes d’âge mûr qui luttent contre une dépendance. Certains sont addicts au jeu, à l’alcool, à la drogue ou parfois aux trois à la fois.

“Ce sont seulement des gens qui essaient de survivre”

Ce monde parallèle bien plus obscur que les néons des casinos se nourrit alors des déboires de Sin City, les habitants des souterrains sortant régulièrement des tunnels pour récupérer les pièces oubliées dans les machines à sous ou pour faire la manche. Les plus chanceux sont parfois employés pour distribuer des flyers aux touristes. “Ce sont seulement des gens qui essaient de survivre” résume Matthew O’Brien.
Cela fait maintenant treize ans qu’il côtoie ce milieu et autant d’années qu’il essaie de le mettre en lumière à travers des récits, des articles et des livres. Cependant, rien n’a vraiment évolué depuis la première fois où il s’est aventuré dans ce labyrinthe de béton long de plusieurs centaines de kilomètres.

Il y a peut-être plus de personnes qui ont pris conscience que ces tunnels étaient bien réels, il y a quelques graffeurs, explorateurs urbains et touristes qui descendent mais pas énormément. Les entrées des tunnels peuvent être difficiles à trouver et dangereuses, nous explique-t-il.