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Siné, caricaturiste irrévérencieux, est décédé à l’âge de 87 ans

Siné, caricaturiste irrévérencieux, est décédé à l’âge de 87 ans

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Par Théo Chapuis

Publié le

Pilier de Charlie Hebdo

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“Hédoniste, semeur de zone et d’humour noir”, comme le dépeint L’Humanité, Siné a passé sa vie à agacer les moralisateurs et les bien-pensants grâce à ses caricatures de l’actualité et ses prises de position radicales.
Né le 31 décembre 1928 à Paris, Bob Siné pour les intimes passe sa jeunesse entre les quartiers populaires de Belleville et Ménilmontant. Il est engagé en 1958 à l’Express comme dessinateur politique. Ses dessins anticolonialistes pendant la guerre d’Algérie créent le scandale et il se cherche une liberté ailleurs, écrivant dans l’Enragé, Hara-KiriAction, puis débarquant finalement à Charlie Hebdo en 1981. Il sera finalement évincé du journal satirique en 2008 suite à de profonds désaccords avec Philippe Val, alors à la tête de Charlie, après plus de 20 ans de collaborations.
Il crée Siné Hebdo en 2008, puis Siné Mensuel en 2010 pour continuer d’exercer son irrévérence. Dans une interview pour L’Humanité en 2011, il déclarait : “Je suis toujours aussi engagé, si ce n’est enragé […] à quatre-vingts berges passées, je ne suis pas près de prendre ma retraite…”

L’insoumission jusqu’au bout

Malgré la rémission d’un cancer il y a quelques années, le dessinateur était encore “très malade” d’après un communiqué. Même dans cet état, il avait cependant tenu à dessiner la une du dernier Siné Hebdo.


Selon France Info, il sera mis en terre au cimetière de Montmartre, à Paris, où sa tombe est déjà installée. Une statue en forme de cactus évoquant un doigt d’honneur y est d’ors et déjà érigée, accompagnée de la géniale inscription “Mourir, plutôt crever”. Il avait déjà invité tous ses potes à s’y rendre pour continuer de rire après sa mort.
Certains, comme le dessinateur Boulet ou Christophe Conte, reconnaissent un talent certain au vieil anarchiste pour mourir le jour d’une fête sainte :


La rédaction de Konbini lui adresse un dernier “Banzaï !”