Service militaire obligatoire : qu’en pensent les candidats ?

Service militaire obligatoire : qu’en pensent les candidats ?

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Par Astrid Van Laer

Publié

Vingt ans après sa suspension par Jacques Chirac, l’élection présidentielle a remis la question du service militaire obligatoire au centre du débat.

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En 1997, Jacques Chirac avait mis fin au service national, obligatoire jusqu’alors pour une durée de dix mois pour tous les citoyens majeurs de sexe masculin. Il avait par la suite été remplacé par la JAPD (Journée d’appel de préparation à la défense), renommée depuis JDC (Journée défense et citoyenneté).

Ségolène Royal, candidate du Parti Socialiste à l’élection présidentielle de 2007, avait considéré sa suspension comme « une erreur » et s’était prononcée en faveur d’un service militaire obligatoire. L’élection présidentielle approchant, le sujet est à nouveau débattu et divise les candidats.

  • Ceux qui sont pour son rétablissement

Marine Le Pen (Front national) souhaite un rétablissement « progressif » du service militaire, d’une durée de trois mois minimum, pour tous, et avec une indemnisation similaire à celle du service civique, c’est-à-dire 576 euros par mois environ. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) a une position similaire, et ajoute la possibilité de passer le permis de conduire durant ce service. Emmanuel Macron (En Marche !) est également pour son rétablissement, mais seulement pour un mois, pour tous les jeunes entre 18 et 21 ans.

  • Ceux qui prônent une version modulable

Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) souhaite quant à lui un service citoyen de 9 mois (avec une formation militaire « initiale »), pouvant par la suite être effectué dans l’armée mais aussi, « auprès des pompiers, de la sécurité civile, de services de protection de l’environnement ou d’associations d’intérêt général ». La rémunération pour ce service serait égale au montant du SMIC.

Benoît Hamon (Parti socialiste) préfère quant à lui le recours au service civique, qui permettrait aux étudiants qui l’effectueraient de valider un semestre à l’université. C’est également une option qui séduit François Asselineau (UPR) et Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès), crédits universitaires en moins. Dans la même lignée, Jean Lassalle (Résistons) a déclaré lors d’une interview à Sciences et Avenir :

« Je rétablirai le Service national, civil ou militaire, sur une durée de un an. Cela seront 800 000 jeunes qui seront orientés selon leurs goûts et leurs talents. Certains aideront à entretenir les forêts et les rivières, ou auprès des pompiers. Et beaucoup d’autres renforceront les professionnels sociaux et les soignants auprès des personnes handicapées, des personnes âgées en établissements, des personnes dépendantes. »

  • Ceux qui sont contre

François Fillon (Les Républicains) est farouchement contre un service obligatoire et prône le volontariat. Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) sont eux aussi contre l’instauration de tout service obligatoire, militaire ou civique.