À la rencontre des jeunes qui n’emmerdent plus le Front national

À la rencontre des jeunes qui n’emmerdent plus le Front national

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Par Louis Lepron

Publié le

Qui sont ces jeunes qui, en plus de voter Front national, sont présents aux meetings de Marine Le Pen ? Reportage ce samedi 15 avril à Perpignan, une ville particulièrement touchée socialement.

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En 2007, je quittais Perpignan. Après y avoir vécu près de 18 ans, je choisissais Paris pour commencer mes études supérieures. Dix ans ont passé et la situation politique de cette ville de province, forte de 120 000 habitants, a été bouleversée.

Il suffit de jeter un coup d’œil à l’évolution du vote des Perpignanais à l’égard du Front national pour en attester. En 2007, ils sont un peu plus de 14 % à voter pour Jean-Marie Le Pen, un chiffre déjà supérieur à la moyenne nationale (10,44 %).

Cinq ans plus tard, l’augmentation continue. Si Nicolas Sarkozy, avec 48,73 % des voix, perd face à François Hollande, le Front national n’a jamais été aussi fort. Lors du premier tour, ils sont 22,46 % à avoir choisi Marine Le Pen, dont c’est la première élection nationale.

Un FN en constante augmentation

Deux ans plus tard, aux élections municipales de 2014, la progression ne cesse pas, au contraire, elle s’amplifie. Louis Aliot, représentant du Front national arrive même en tête du premier tour avec 34 % des voix, dépassant Jean-Marc Pujol pour l’UMP-UDI. S’ils ne réussit pas à être élu au second tour, avec 44 % des voix, on ne peut nier que Perpignan s’est progressivement tourné vers un vote sentant l’extrême droite.

Ce samedi 15 avril, je suis de retour au bercail, le temps du week-end de Pâques. On est à une semaine du premier tour des élections présidentielles. À ma grande surprise, et alors que je cherchais à écrire un sujet sur le vote des jeunes pro-FN dans ma région, j’apprends que Marine Le Pen tient meeting au Palais des congrès, une petite salle de 1500 places placée au centre de Perpignan, non loin du Castillet.

Le département des “PO” a la spécificité d’être l’un des plus touchés en France lorsqu’il s’agit de chômage (15,4 %, alors que la moyenne nationale est à… à 9,7 %) et de la situation désespérante de sa jeunesse : près de 34 % des jeunes âgés entre 15 et 24 ans ne sont ni scolarisés ni en emploi.

Est-ce que le Front national profite de cette situation déplorable ? Clairement, et c’est pour cette raison que j’ai eu envie d’en savoir plus sur les raisons qui poussent aujourd’hui une partie de la jeunesse du coin à s’avancer vers Marine Le Pen.

Robert Ménard en première partie

14 heures 45. Sur place, la tension est palpable. Un cordon de flics protège l’entrée, protégée par des barrières métalliques s’ouvrant au passage des sympathisants de Marine Le Pen. Face à eux, une petite cinquantaine de manifestants, huant les futurs spectateurs du “show”.

L’affiche de ce dernier est complétée par Robert Ménard, fameux maire de Bézier connu pour ses grandes visions intellectuelles serties d’interdictions de kebabs et autres affiches honteuses. Il est là pour faire la première partie et mettre le feu aux centaines de crânes dégarnis présents dans la salle.

“Nous sommes tous des enfants d’immigrés”

“Le Pen à la poubelle”

Alors que je monte les marches, les slogans colériques des manifestants retentissent. Un flic filme attentivement la foule, au cas où des débordements en marge du meeting auraient lieu. Quand j’entre dans l’antre, au deuxième étage du bâtiment, le Palais des congrès est rythmé par des envolées physiques de drapeaux bleu-blanc-rouge et Robert Ménard chante la peur de l’autre :

“On veut nous effacer en tant que peuple. On embrigade nos enfants avec des livres d’histoire réécrits […]. On n’en peut plus. On n’en veut plus !”

Grosse ambiance. Je décide d’aller dans le coin fumeur, à la recherche de jeunes sympathisants. Le premier vers lequel je m’avance s’appelle Aloïs. Il a 21 ans et discute avec deux amis. L’un va voter FN, l’autre est venu pour écouter. Comme question en tête de gondole, je lui demande quelle est la principale raison qui l’a poussé à choisir Marine Le Pen. C’est parti pour une série d’entretiens.

Aloïs, 21 ans, étudiant à Science Po Toulouse

“La sortie de l’Union européenne, et le patriotisme. Il y a aucun autre candidat qui incarne comme elle l’amour pour la France.”

Aloïs semble sûr de lui. Étudiant à Sciences po Toulouse, je décèle rapidement qu’il s’intéresse, et de manière non superficielle, à la chose politique. Pour autant, les mots et expressions qu’il utilise sont des copier-coller des discours de Marine Le Pen.

Alors, je rentre dans le tas : Marine Le Pen et racisme, ça fait deux ?

“J’ai jamais entendu quoi que ce soit de raciste dans sa bouche. Elle est patriote, un programme qui est fondé sur la nation. Par conséquent, dans le programme du Front national, ça n’a aucun sens de la taxer de racisme, parce que quelqu’un qui serait noir et musulman et qui serait de nationalité française aurait plus de droits que quelqu’un qui serait blanc et catholique mais qui n’aurait pas la nationalité française.”

Hmm. Mais encore ?

“Cette accusation s’appuie sur les dérapages de son père et les dérapages qu’on a enregistrés au parti pour la salir. Je pense qu’il y a eu un changement de ligne dans le parti et qu’il s’est modernisé. Et c’est ça qui me pousse à voter FN. J’aurais jamais voté pour son père, je pense.”

Et de préciser à ce propos :

“Si les gens me considèrent comme raciste, c’est qu’ils ont rien compris. Et si je leur explique et s’ils sont fermés, je me casse.”

Voilà qui a le mérite d’être clair. Au racisme présumé du Front national, il me répond par le terme de “patriotisme” (très utilisé dans le champ lexical des discours de la candidate FN) et par un évènement politique bien connu de l’argumentaire de l’extrême droite comme de l’extrême gauche, celui du “non” au référendum de 2005 :

“À partir du moment où on veut rester dans l’UE dans laquelle il y a une réalité du pouvoir qui n’est pas démocratique, on ne peut pas se dire patriote. Même la droite, même Sarkozy, a fait passer le traité de Lisbonne [signé en 2007 par les 27 États membres de l’UE, ndlr] alors qu’on avait dit non en 2005 au référendum. Ils ne peuvent pas être considérés comme des patriotes.”

J’enchaîne avec l’immigration et la manière dont il appréhende cette thématique :

“Je pense que l’immigration, on doit pas en avoir une vision idéologique. L’immigration, c’est un fait et il faut juste regarder pragmatiquement si on a les moyens économiques et les moyens socioculturels de faire rentrer plus de monde.

Aujourd’hui, on a déjà du communautarisme, des problèmes d’intégration. Une fois que ces problèmes là seront réglés, et une fois qu’il y aura du travail, oui, éventuellement on pourra faire rentrer d’autres personnes. Il faut déjà s’occuper de ceux qui sont en France.”

C’est étrange de voir un miroir déformé de soi-même. Une enfance et une adolescence à Perpignan, un intérêt pour la chose politique, le choix d’un IEP de province, le même que le mien, et pourtant, au final, le résultat est complètement différent.

“Nous pouvons en finir avec ces folies !”

Au loin retentit la réthorique enflammée de Robert Ménard. Je demande alors à Aloïs s’il approuve son message. Nope. Le maire de Bézier n’est pas encarté au FN, me répond-il. Sa ligne à lui est la même que celle de Marine Le Pen ou de Florian Philippot.

Et est-ce qu’être jeune et voter FN, c’est incompatible selon lui ? Je sens que la question fait mouche, mais il n’est en rien déstabilisé :

“Absolument pas. Je pense que Marine Le Pen n’est pas forcément de droite ou d’extrême droite. Je pense que le clivage gauche/droite, c’est un clivage du XXe siècle. Aujourd’hui les lignes bougent, on est sur un clivage des patriotes, des gens qui veulent défendre une culture et un lien social au sein d’un pays face à un mondialisme, un système sans règle où ce sont les plus forts qui font la loi. Un darwinisme social à grande échelle.”

“Darwinisme”, “patriote”, “mondialisme” : oui, je suis bien à un meeting du Front national. Pour aller plus loin dans sa démonstration façon David contre Goliath, il précise :

“Au niveau du programme économique, Marine Le Pen insiste sur les petites et moyennes entreprises, les indépendants qui triment. Il ne faut plus se laisser faire bouffer par des multinationales et le pouvoir bancaire.

Quand on passe une matinée à aller acheter son pain chez le boulanger, sa viande chez le boucher, on est plus enclins à rencontrer des gens que quand on fait tout d’un coup dans un grand supermarché.”

Avant de me quitter, Aloïs me parle d’un ras-le-bol de la jeunesse. Mais un “ras-le-bol rationnel”. Ou quand le Front national, à travers ses jeunes électeurs, lisse son vocabulaire.

David, 22 ans, au chômage

“Parce que il faut défendre la France et arrêter l’immigration de masse qu’il y a en ce moment. Parce que déjà des Français n’ont même pas de travail.”

David, je le croise alors qu’il va entrer dans l’enceinte. Marine Le Pen n’a pas encore commencé mais, avec son drapeau collé contre son costume serti d’un pin’s frontiste – celui avec la fleur-épée, il n’entend pas rater le début. “Deux minutes, ça va pas durer longtemps”, je lui assure.

David a 22 ans. Il est au chômage et a arrêté les études à 16 ans. Il poursuit, les yeux ailleurs, n’étant pas tellement assuré, ne s’attendant sûrement pas à ce qu’un journaliste vienne l’emmerder à quelques mètres de son Graal, la présidente du Front national.

Ses phrases sortent, parfois sans verbe :

“Trop d’immigration, des partis qui ont gouverné et ont délaissé les Français, de Chirac à Hollande.”

Le sentant prêt à partir, je le presse de la question qui lie racisme et fondamentaux du Front national :

“Moi, je ne suis pas raciste. C’est un vote rationnel. Qu’est-ce que je réponds à ceux qui me disent ça ? Je leur répond que déjà… je leur dis que je le suis pas.”

Bien.

Damien, 30 ans, cuisinier

Damien parle vite. Il a 30 ans. Est cuisinier depuis ses 18 ans. Va voter pour la troisième fois à une élection nationale. 2007 ? Jean-Marie Le Pen. 2012 ? Marine Le Pen. 2017 ? Rebelote.

“C’est une tradition familiale à la base, et après c’est l’opinion que je me suis forgé avec le temps. Ce n’est pas par dépit, mais c’est quelque chose qui vient du cœur.”

Pour le principal argument en faveur de son vote, il me répond : “C’est la peur de cette Europe et de l’avenir. Je n’ai plus confiance en cette France d’aujourd’hui, pour les enfants.”

J’insiste, ça donne ça :

“La transition entre le franc et l’euro, ça a été un marqueur très très fort. J’ai cru au plein emploi, j’ai cru à une Europe forte et ça n’est pas arrivé. Je ne veux pas que la France sorte de l’UE, que la France soit isolée, je voudrais une Europe des nations, une Europe où tout le monde est respecté. Qu’on soit souverain en notre pays.”

Une étrange réponse alors que Marine Le Pen entend faire sortir la France façon “Frexit”. À la question de savoir s’il a apprécié le discours de Robert Ménard, David acquiesce : “Je suis d’accord avec lui. Apparemment dans sa ville, tout le monde en est content.”

Je poursuis sur le lien supposé entre xénophobie et Front national. Sa réponse est plus qu’étonnante :

“Ça me fait doucement rigoler parce qu’ici, je vois pas de racisme, je vois pas beaucoup de jeunes skinhead, et puis moi, personnellement, c’est plutôt ce que je vais combattre, le racisme. Je suis au Front national et pour moi il n’y a pas de… de… supériorité raciale, y a rien de tout ça.

[- Donc vous pensez qu’avec le Front national on peut combattre le racisme.]

Oui. Je pense au contraire que c’est plutôt SOS Racisme qui a fait du mal aux jeunes musulmans. Ils sont en train de subir une politique très difficile et je me battrai pour les minorités en France.”

Damien a le temps. Alors je lui demande ce qui fait, selon lui, que des jeunes viennent voter Front national. Sa réponse est claire, limpide, glaçante : “Ici, c’est surtout la pauvreté qui amène le vote Front national. Le chômage et la pauvreté. Je sens une souffrance chez les jeunes, ça c’est une certitude.”

Nathan, 27 ans, ancien militaire

“Vous savez, j’ai pas grand chose à dire.” Il n’arrêtera pas de ponctuer ses réponses par cette phrase. La tête baissée, une bière à la main gauche, un drapeau dans la main droite, sa voix est pâteuse, peu assurée. On ne dirait pas que je suis avec un jeune de 27 ans, mais avec une personne à la retraite, lessivée par la vie.

Et pourtant, il n’a que 27 ans. Il s’appelle Nathan, est originaire de Normandie, habite actuellement à Perpignan, et est au chômage. Bientôt, il compte partir à la Légion étrangère, lui qui a connu l’armée de 17 à 22 ans.

J’ai préféré retranscrire en intégralité notre court entretien :

“Il faut juste que ça change, c’est tout. L’extrême droite, ça peut être une solution, mais Mélenchon aussi.

Vous pourriez donc voter pour les deux.

Si Mélenchon est au deuxième tour et qu’il n’y a pas Marine Le Pen, pourquoi pas.

Qu’est-ce qui doit changer ?

Franchement… moi c’est juste pour essayer de pas avoir Macron, les banquiers de chez Rothschild, les Hamon… tous ces gens-là.

Plus voter par conviction que par dépit ?

Non, non, c’est plus voter parce que j’en ai ras le cul.

Qu’est-ce qui vous plaît chez Marine Le Pen ? 

Moi je préférais Jean-Marie.

Pour quelles raisons ?

Plus radical. L’immigration, tout ça.

Vous pensez que Marine Le Pen s’est lissée sur cette thématique ?

Déjà on va voir si elle va faire ce qu’elle dit. Je suis pas confiant du tout. C’est tous des politiques, des pourris.

Vous l’incluez là-dedans aussi ?

Ils sont tous pareils.

C’est quoi alors le critère qui vous pousse à voter pour elle ?

L’immigration.

C’est quoi votre vision de l’immigration ?

Daesh, tout ça. Le terrorisme. On perd beaucoup d’emplois dans l’armée.

C’est-à-dire ?

Il faut plus de militaires. Il faut aimer partir au combat aussi. Moi jai fait la Côte d’Ivoire, le Kosovo, le Liban. J’ai vu ce que ça donnait.

Qu’est-ce que ça donnait ?

Ben… la guerre. J’ai vu des choses. J’avais 17 ans, jusqu’à mes 22 ans.

Cette expérience, ça vous a influencé politiquement ?

Ouais, je pense.

En quoi ?

Bah, c’est tous les collègues. Il y a de beaucoup de Front national là-bas. Vous savez, moi après j’ai pas grand chose à dire. Je sais pas quoi dire. Jean-Marie, c’était un ancien légionnaire. Quand j’étais plus jeune, j’étais de gauche.

Ah oui ? À 18 ans, vous avez voté pour qui ?

Ah je votais pas. C’est la première fois que je vais voter.

Du coup on peut dire que votre parcours dans l’armée vous a influencé ?

Oui. Dieudonné aussi.

Soral aussi ?

Un peu Soral.

Vous croyez à la réalité du “grand remplacement” ?

C’est juste qu’on ne peut pas aceuillir toute la misère du monde. Moi je sais bien, là-bas c’est pas beau à voir. Moi je les comprends qu’ils filent tous en France, en Europe.

Si Macron devient président, vous faites quoi ?

Bah, je fais pareil, je change pas, je m’engage à la Légion.

Vous êtes prêt à repartir ?

Je m’en fous. Peu importe.

Vous n’êtes pas convaincu que Marine Le Pen sera une bonne présidente ?

Non.

Alors pourquoi vous êtes venu aujourd’hui à ce meeting ?

Pour voir. Pour avoir des drapeaux. Je suis pas dans la politique moi, j’y connais rien.”

Grégoire, 19 ans, originaire de Perpignan

“Déjà, l’emploi, l’insécurité et tout ce qui est chômage. Quand quand vous êtes le soir dans le quartier Saint-Jacques, vous vous baladez pas tout seul. Vous ressentez vite que… même limite vous vous demandez si vous vous sentez chez vous.”

Grégoire a 19 ans. Lui aussi a un drapeau français dans la main. Les yeux bleu, une cigarette entre les doigts, il n’hésite pas à me répondre, marquant souvent sa réthorique d’un triste “malheureusement”.

À la question de savoir si “immigration” représente pour lui un gros mot, Grégoire parle comme un trentenaire :

“Je suis pas contre les étrangers qui viennent en France, mais s’ils viennent, ils acceptent notre culture, nos principes, nos pratiques, tout ça. Il faut qu’ils cherchent aussi à s’intégrer en France, avec un emploi, en payant des impôts. Et après je pense que ceux qui malheureusement vivent au crochet de la société et de la République ne peuvent pas rester en France.”

Il précise rapidement :

“Je dis pas que tous les étrangers font ça, mais malheureusement il y a une partie qui fait ça, qui ne vient pas forcément d’Europe, mais du Maghreb, du Moyen-Orient, et malheureusement ils ne cherchent pas à s’intégrer et créent des problèmes”.

“Insécurité et chômage, c’est à cause de l’immigration ?” Affirmatif selon lui. Mais n’allez pas dire que le Front national est raciste, c’est “un vieux mythe qu’on agite pour faire peur aux gens, maintenant c’est beaucoup édulcoré [sic]”. Et de conclure: “Il existe une minorité [de personnes racistes au FN, ndlr], mais faut pas confondre racisme et patriotisme”.

Robert Ménard, en première partie, Nathan l’a apprécié, il l’a trouvé “très juste”. À quel moment ?

“Quand  il a parlé de catholiques qui ont été pris à parti. Malheureusement, c’est très vrai aujourd’hui. Vous portez un signe distinctif religieux, une kippa ou une croix et vous vous faites traiter de tous les noms. On ne peut plus vivre sa religion en France sans qu’il y ait des islamistes qui soient… euh… bientôt euh.. vous allez euh… sous les bombes, des choses comme ça.

Vous avez déjà été menacé ?

Pas à Perpignan, mais en pension à Carcassonne. Une fois je me promenais et je me suis fait agressé par, euh, deux… deux étrangers qui m’ont dit ‘sale blanc, t’es pas chez toi’.

Quand tu dis ‘étrangers’, c’est-à-dire des Français d’origine étrangère ?

Bah… en fait quand je suis arrivé, ils parlaient pas français. Après ils m’ont parlé en français et ils m’ont dit que…

Donc pour toi, le racisme anti-blanc est une réalité ?

Malheureusement, oui.”

Quand je lui demande s’il ne trouve pas étrange d’avoir à peine 20 ans et de voter FN, Nathan prend le visage d’un citoyen blasé ayant traversé de nombreux mandats :

“Aux jeunes qui votent à gauche et qui votent Fillon, je dis malheureusement vous êtes utopistes. On a vu toutes les politiques qui ont été faites jusqu’ici, ouvrez les yeux et rendez-vous compte de l’état dans lequel est notre pays.

C’est vraiment un état de crise économique, de chômage. On a 8 millions de chômeurs. Sous François Hollande, un million de chômeurs de plus. C’est plus possible”.