Pour lutter contre les contrôles au faciès, les forces de l’ordre vont tester les caméras-piétons

Pour lutter contre les contrôles au faciès, les forces de l’ordre vont tester les caméras-piétons

photo de profil

Par Virginie Cresci

Publié le

Un décret, paru le 25 avril, annonce l’expérimentation dans certaines villes de France de l’usage de caméras mobiles qui viendront équiper les policiers, gendarmes et militaires.

À voir aussi sur Konbini

Comment faire pour lutter contre les violences policières ? Le décès d’Adama Traoré en juillet dernier, ainsi que le viol présumé de Théo en mars avaient remis la question sur la table. Déjà, en février dernier, le Défenseur des droits publiait un rapport alarmant sur la hausse de 34,6 % des saisines pour des abus des forces de l’ordre lors de contrôles d’identité – des contrôles qui se font souvent au faciès pour les personnes dont la peau n’est blanche.

Comment contrôler les forces de l’ordre pendant qu’elles-mêmes contrôlent les citoyens ? La première idée était le récépissé, qui avait fait l’objet d’un amendement déposé par Benoît Hamon, sauf que l’Assemblée nationale l’a finalement rejetée au mois de juin dernier. Entre-temps, une autre méthode, beaucoup plus innovante, a fait parler d’elle : les caméras-piétons. Ce sont de petites caméras, fixées grâce à un plastron sur le torse des fonctionnaires, qui permettraient d’avoir une trace vidéo du contrôle d’identité. Le Défenseur des droits Jacques Toubon a affirmé en mars, que son utilisation serait une avancée importante.

Des expérimentations dans plusieurs villes de France

Un décret paru au Journal officiel le 25 avril annonce une bonne nouvelle : les caméras-piétons vont être testées pour les contrôles d’identité. Ce décret avait été voté à l’Assemblée nationale en juin 2016. Il vise à expérimenter “l’enregistrement des contrôles d’identité par les agents de police nationale et les militaires de la gendarme nationale équipés d’une caméra mobile”. Le texte est déjà entré en vigueur et il sera effectif jusqu’en mars 2018. Trois mois plus tard, un rapport sera remis au ministère de l’Intérieur, afin d’évaluer l’efficacité de la mesure sur les contrôles au faciès.

La mesure concerne “les zones de sécurité prioritaires” ou, pour parler plus franchement, les zones où les contrôles au faciès sont les plus récurrents. Le décret mentionne toutes les communes concernées : dans la liste on retrouve notamment les 18e, 19e, et 20e arrondissements de Paris, les quartiers Sud et Nord de Marseille, certains quartiers de Toulouse (comme le Mirail), Saint-Denis, Saint-Ouen, Aulnay-sous-Bois ou encore Gennevilliers.