Plus de 11 000 animaux sauvages sont menacés par la cybercriminalité

Plus de 11 000 animaux sauvages sont menacés par la cybercriminalité

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Par Astrid Van Laer

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Les espèces protégées sont visées par un important commerce illicite en ligne.

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Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) a publié ce mercredi 23 mai un rapport intitulé « Faune sauvage et cybercriminalité : Briser la chaîne ». Après avoir enquêté pendant six semaines en France, en Allemagne, en Russie et au Royaume-Uni, l’ONG révèle le dramatique impact de la cybercriminalité sur les espèces protégées : leur commerce en ligne s’est incroyablement développé, autant que ses effets néfastes.

Le directeur de l’ONG, Azzedine Downes, pointe du doigt « la marchandisation et la commercialisation illicites des espèces sauvages menacées ». Pour enrayer ce phénomène, il préconise de « réduire la demande par des campagnes de lobbying et de sensibilisation du public », de « faire cesser le braconnage sur le terrain » et de « briser la chaîne du trafic de ces espèces menacées ».

Pour le directeur du programme criminalité de l’IFAW, Rikkert Reijnen, le commerce illicite d’animaux vivants « et de parties de leurs corps [est] l’une des menaces les plus inhumaines qui pèsent sur la faune sauvage ». Selon ce dernier, beaucoup de ces espèces sont « proches d’un point de rupture ». Une fois que celui-ci aura été atteint, les effectifs de certaines espèces seront insuffisants pour maintenir les populations, alerte-t-il.

Plus de 11 000 spécimens menacés

Pour expliquer ce développement de la marchandisation des espèces vivantes, les faibles coûts de transactions et l’anonymat, ainsi que le faible risque de détection sont vraisemblablement les explications les plus crédibles pour les rédacteurs de ce rapport.

Durant leurs six semaines de travaux, les enquêteurs ont étudié plus d’une centaine de sites et recensé pas moins de « 11 772 spécimens d’espèces sauvages menacées et en danger, mis en vente […] via 5 381 annonces et messages diffusés sur 106 sites de vente en ligne et quatre réseaux sociaux, pour une valeur approximative de 3 200 000 euros ». 80 % des animaux proposés à la vente étaient vivants, le reste étant des parties du corps et des produits dérivés.

Ces derniers ont observé que les reptiles sont « de loin » les plus menacés, notamment les tortues, qui représentent pas moins de 45 % du marché total. Les oiseaux suivent de près, avec les animaux qui ont de l’ivoire, et certains mammifères comme les rhinocéros, pour leur corne.

En France, l’ONG a repéré des annonces sur Le Bon Coin et Naturabuy et leur a transmis les annonces problématiques. Elle salue la baisse des offres de vente après avoir alerté le célèbre site de petites annonces, mais recommande vivement que les gouvernements, les ONG et les autorités judiciaires travaillent ensemble de toute urgence pour contrer le fléau de la cybercriminalité visant les espèces sauvages.