AccueilArchive

Photo : les 5 expos à ne pas rater aux Rencontres d’Arles 2015

Photo : les 5 expos à ne pas rater aux Rencontres d’Arles 2015

Publié le

Image :

Dorothea Lange / Migrant Mother, Nipomo, Californie (1936), 2014. Avec líaimable autorisation de líartiste et de la Catherine Edelman Gallery, Chicago ——- Dorothea Lange / Migrant Mother, Nipomo, California (1936), 2014. Courtesy of the artist and Catherine Edelman Gallery, Chicago

Du 6 juillet au 20 septembre se tiendra le rendez-vous incontournable des amoureux de la photographie : les Rencontres d’Arles. À cette occasion, Konbini vous a sélectionné 5 expositions à ne pas manquer, dont Sam Stourdzé, le nouveau directeur, nous parle avec passion.
Comme chaque année depuis 46 ans, les photographies des Rencontres d’Arles s’apprêtent à envahir les monuments de la charmante ville du Sud de la France. Du 6 juillet au 20 septembre prochain se tiendra donc une nouvelle édition, pleine de belles promesses pour les amoureux de l’image : 35 expositions, 20 lieux différents (dont un cloître du XIIe siècle, une église du XIVe, une friche industrielle…) et les travaux de 250 artistes.
Si toutes les Rencontres diffèrent d’un été à l’autre, cette édition sera un peu particulière et se déroulera sans l’un de ses pères fondateurs, Lucien Clergue, décédé le 14 novembre dernier. On comptera quelques changements notoires, dûs à une nouvelle direction artistique (exit les petits animaux colorés de l’affiche), et l’arrivée d’un nouveau directeur, Sam Stourdzé.
C’est d’ailleurs à lui que nous avons demandé de parler des cinq expos que nous avons repérées pour vous. Au programme : musique, ciné, rétrospectives de grands maîtres de la photographie et curiosités. En bonus, il nous révèle l’une des expositions qu’il attend avec le plus d’impatience.

À voir aussi sur Konbini

La rétrospective de Stephen Shore

“Stephen Shore, on connaît bien. C’est l’un des photographes coloristes américains les plus importants. La nouveauté ici, c’est qu’il n’y avait jamais eu de grande rétrospective de son œuvre, c’est la première. Souvent, on fait commencer sa carrière aux années 70 ; mais cette exposition va permettre de faire remonter son travail dès les années 60, à l’époque où il était très proche de la Factory et d’Andy Warhol.
Il a ensuite été proche des mouvements conceptuels, du land art. Les dix premières années de sa carrière, il a plutôt pris des photos en noir et blanc. Remettre cet artiste dans ce contexte de l’art américain des années 60, ça va permettre de comprendre beaucoup mieux son travail en couleur des années 70. Sa série mythique, Uncommon Places, sera présentée de manière complète. Ce qui change donc, c’est l’exhaustivité : si vous venez voir Stephen Shore, vous aurez tout vu.”

Total Records : 100 ans de photos de pochettes de disques

“Trois commissaires ont travaillé pendant un an sur cette exposition. C’est une manière de revisiter la photographie comme objet de culture populaire. Tout le monde a en tête un certain nombre de pochettes de disques ou de vinyles, et un peu comme dans Molière où l’on fait de la prose sans le savoir, là, on fait de la grande photographie sans le savoir. Sticky Fingers des Rolling Stones par exemple, c’est Andy Warhol.
On a retrouvé 125 pochettes de disque signées Richard Avedon. Même la fondation Avedon n’avait pas connaissance qu’il en avait fait autant. Il a aussi bien travaillé pour Simon & Garfunkel, que pour Chagrin d’Amour, ce couple des années 80… Au total, on a rassemblé 600 pochettes. On a travaillé avec les archives de Blue Note, et on a les pochettes et photos originales de ce label de jazz de 1930.
On a également une section sur Abbey Road, qui permet de comprendre comment ce lieu a inspiré une dizaine de groupes, dont les Red Hot Chili Peppers. Paul McCartney nous a ouvert les archives de sa femme Nikita McCartney, qui avait photographié le making of d’Abbey Road. On se promène comme ça sur une centaine d’années de pochettes de disques.”

Sandro Miller et John Malkovich revisitent des classiques de la photo

“J’avais vu ça sur les réseaux sociaux il y a une petite année, et j’avais trouvé la série géniale. Sandro Miller et John Malkovich avaient fait une vingtaine de clichés à l’époque, et à l’automne, ils avaient retravaillé ensemble et réalisé une vingtaine de plus. Aujourd’hui, il y a 41 photos. Ils remettent en scène l’histoire de la photographie en sélectionnant un certain nombre d’icônes et c’est Malkovich lui-même qui les incarne. Car il est plus qu’un acteur : c’est un performer. Il se retrouve tout autant à jouer un Einstein tirant la langue qu’un Dalí d’Elfman, ou une image iconique de Marilyn Monroe.
Ce projet est à l’image de ce qu’on veut faire à Arles : une expo comme ça a plusieurs niveaux de lecture et de clés d’entrée. Il y a à la fois une dimension très grand public – c’est ludique, ça parle à tout le monde – et un autre niveau de lecture qui peut être plus théorique et intellectuel, sur lequel on peut se poser des questions qui sont très présentes aujourd’hui dans l’art contemporain, autour du fait de rejouer l’Histoire. On est vraiment dans des approches très post-modernes, de mise en abyme des images.”

Affaires Privées par Thierry Bouët : dans les recoins du Bon Coin

“Le pitch est très simple : le photographe s’intéresse au Bon Coin. Son projet, c’est “une tranche de vie en France”. Il regarde ce que vendent les gens sur le site, des choses les plus étonnantes aux plus anodines. Ensuite, il les appelle et leur raconte qu’il a un projet avec lequel il photographie les gens qui vendent des choses sur Le Bon Coin, et il les immortalise avec leur objet.
Thierry Bouët est connu pour être un portraitiste, il maîtrise assez bien les codes de la photographie. Donc il fait une photo de la personne dans son environnement avec son objet, il reproduit l’annonce du Bon Coin telle quelle, et comme il a rencontré les personnes, qu’il a eu un échange avec eux et qu’il est assez intéressé par les décisions humaines, la sociologie, il fait un petite texte sociologico-politique qui redécrit le contexte.
C’est comme ça que vous vous retrouvez face à Dominique, qui vend 6 verres à Pastis à 8 euros. Et Thierry Bouët qui vous explique que Dominique n’est pas bricoleur, que quand d’autres pourraient faire des petits travaux le week-end pour arrondir leur fin de mois, lui n’a pas cette chance, donc il décide de vendre ces verres. Et avec l’argent de la vente, il se fera un petit cadeau.”

L’expo recommandée par Sam Stourdzé : Matthieu Chedid rencontre Martin Parr

“Ça fait un an qu’on a mis en contact Matthieu Chedid et Martin Parr pour qu’ils travaillent ensemble, parce qu’ils rêvaient de se rencontrer. Matthieu Chedid aime beaucoup la photographie, l’image, et particulièrement l’œuvre de Martin Parr. L’expo s’installe dans une église désaffectée qui fait quasiment 700 mètres carrés et dans laquelle on va créer un univers visuel et sonore. De la musique et de la photographie.
C’est très expérimental. Ça va être une expérience totalement folle et unique pour les visiteurs, une manière de revoir Martin Parr. Ce sera quasiment une rétrospective car il y aura a peu près 400 photos, entre celles en tirages et les projections, ainsi qu’un environnement sonore inédit créé par Matthieu Chedid. Ça, j’ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner.”

Pour tout savoir sur les Rencontres d’Arles, rendez-vous sur le site.