Une ONG LGBTQ+ va attaquer Trump pour son interdiction aux personnes trans de servir dans l’armée

Une ONG LGBTQ+ va attaquer Trump pour son interdiction aux personnes trans de servir dans l’armée

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@https://twitter.com/LambdaLegal/status/893880504440803328

Ce 4 août, l’administration Trump a mis au point les conditions de l’interdiction de l’armée aux personnes trans. La plus grande et ancienne ONG luttant pour les droits LGBTQ+ a annoncé qu’elle allait attaquer Donald Trump en justice.

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Il y a deux semaines, Donald Trump faisait une annonce terrible sur Twitter. Évoquant le “fardeau des coûts médicaux énormes et les perturbations que les transgenres entraîneraient dans l’armée” (qui compterait entre 2 500 et 7 000 personnes trans sur les 1,3 million de militaires en activité), il expliquait que les personnes trans n’auraient plus le droit de servir dans l’armée.

Cette mesure discriminatoire était décidée alors que fin février, le président était déjà revenu sur une loi de l’administration Obama permettant aux élèves trans d’utiliser les toilettes de leur choix. La “guerre des toilettes” s’ajoutait à la condition déjà difficile des Américains trans.

Des personnalités et membres du gouvernement indignés

Depuis l’annonce, de nombreuses associations et personnalités ont élevé leur voix pour protester contre cette mesure intolérable, et envoyer un message d’acceptation à toutes les personnes trans. Chelsea Manning a, par exemple, dénoncé la “lâcheté” du président, quand Laverne Cox a réaffirmé combien les droits des personnes trans sont des droits humains basiques, qui devraient être inaliénables.

I have met many transgender Americans over the years who have served or are currently serving our country in the military. I have heard from them humiliating stories of being misgendered and experiencing various kinds of mistreatment when they are willing to put their lives on the line in ways many of us would never do including our current President. This latest reversal of another Obama administration policy continues to send the message to trans Americans that our lives, our safety and service are less valuable and unwanted in this country, the country I love and hold so dear. Let’s all come together and send the message to trans Americans that despite what this president and administration proclaims that trans lives, safety and service are valuable, that they matter.” #TransRightsAreHumanRights #ProtectTransTroops #TransIsBeautiful

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“Unissons-nous et transmettons aux Américains trans le message que, malgré ce que ce président et cette administration proclament, les vies, la sûreté et les services des trans ont de la valeur, qu’ils sont importants.”

Il y a quelques jours, Lena Dunham interpellait par ailleurs une compagnie aérienne, après avoir entendu deux employés échanger des propos transphobes. L’importance de protéger et de respecter les Américains trans a ainsi été réaffirmée de bien des côtés.

Et la protestation s’est également fait entendre du côté de l’administration : le Daily Dot rapporte notamment qu’une enquête du département de la Défense a prouvé que les “coûts médicaux énormes” invoqués par Trump pour justifier l’interdiction n’étaient clairement pas suffisamment conséquents pour légitimer une telle mesure. Il s’agirait plutôt d’un moyen de débloquer du budget pour des promesses de campagne du président, dont le mur séparant les États-Unis du Mexique. Le chef d’état-major des armées américaines, Joseph Dunford, a par ailleurs refusé de mettre l’interdiction en place tant qu’elle n’était pas “reçue par le secrétaire à la Défense” James Mattis, et que ce dernier n’avait pas communiqué des conseils d’exécution. Les choses se sont cependant accélérées ce vendredi 4 août.

Un guide pour une “suppression progressive” des soldats trans

Selon le Los Angeles Blade, des sources auraient révélé que des instructions basées sur les tweets de Trump avaient été mises au point ce vendredi par le conseiller juridique de la Maison-Blanche. Intitulé A Guidance Policy for Open Transgender Service Phase Out (“Guide d’instructions pour sortir progressivement de l’armée les transgenres déclarés”), le rapport encouragerait toutes les façons d’exclure les personnes trans de l’armée : départs à la retraite précoces, remerciements des soldats à la fin de leurs contrats, licenciements des officiers demandant des promotions…

Et si les membres trans de l’armée étaient autorisés à continuer de travailler, cette politique ne les protégerait pas du harcèlement et des autres pratiques destinés à les pousser à démissionner. Deux sources auraient également informé le Los Angeles Blade que cette proposition de “suppression progressive” serait rapidement proposée au secrétaire à la Défense pour qu’il la mette en place, afin de“se débarrasser des membres trans de l’armée” au plus vite.

Une interdiction jugée “anticonstitutionnelle” par Lambda Legal

La réponse de Lambda Legal, la plus ancienne et la plus grande ONG engagée pour les droits LGBTQ+ du pays, ne s’est pas fait attendre : ce 5 août, elle a en effet annoncé qu’elle attaquait en justice le président.

L’organisation a qualifié “la mesure de purger le personnel militaire trans” de “déshonorante pour les milliers d’hommes et femmes trans qui servent [les États-Unis] avec courage et qui sont des parties intégrantes [des] armées”. Tout en évoquant la condamnation de l’interdiction “par plus de 56 généraux et amiraux” (dans une lettre ouverte publiée le 1er août) et par “un large pourcentage de sénateurs et représentants républicains et démocrates”, ainsi que le fait qu’“une majorité d’Américains” veulent que les personnes trans puissent travailler dans l’armée. La mesure est jugée “clairement anticonstitutionnelle” par l’ONG, qui a mis son caractère discriminatoire et LGBTophobe en avant. Avant de conclure qu’elle s’alliait à OutServe-SLDN, une association luttant pour les droits des vétérans et militaires LGBTQ+, pour se battre contre cette mesure.

Le Daily Dot rapporte qu’elles n’ont toutefois pas souhaité indiquer quand elles allaient précisément lancer les poursuites – si ce n’est “très bientôt” –, et si ce serait réellement Donald Trump en particulier qu’elles attaqueraient. Elles vont en tout cas au moins invoquer une violation du cinquième amendement de la Constitution des États-Unis, qui assure notamment “une protection égale” à tous les citoyens. L’annonce a été accueillie avec joie et espoir par des milliers d’internautes.