À la suite d’un scandale, la ministre de l’Intérieur britannique démissionne

À la suite d’un scandale, la ministre de l’Intérieur britannique démissionne

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(via le site du UK Parliament)

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Par Astrid Van Laer

Publié le

Empêtrée dans un scandale concernant sa gestion de la question sur la migration, la ministre de l’Intérieur Amber Rudd a démissionné ce dimanche 29 avril.

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Dimanche 29 avril, la ministre de l’Intérieur britannique, Amber Rudd, a présenté sa démission à la cheffe du gouvernement Theresa May, après que des révélations concernant la manière dont son ministère traite la question de l’immigration ont fuité.

On a appris que celui-ci avait en effet un objectif chiffré de clandestins à expulser. Après avoir nié, elle a finalement été obligée de reconnaître les faits. The Guardian a consulté un document de six pages dans lequel il est indiqué que le département a établi “un objectif à atteindre de 12 800 retours forcés en 2017-2018”.

Après avoir assuré avoir toujours voulu mener une politique “juste et humaine”, la ministre avait tenté de se justifier en assurant ne pas être au courant de l’existence de cette note, qui lui était pourtant adressée, notamment en publiant ce tweet :

“Je n’ai jamais vu les documents qui ont fuité, bien qu’ils aient été copiés à mon bureau, comme le sont de nombreux documents.”

Mais après ces déclarations, le Guardian a révélé l’existence d’une lettre écrite par Amber Rudd et adressée à Theresa May, dans laquelle celle-ci évoque explicitement cet objectif de réduction de 10 % des immigrés illégaux présents sur le territoire britannique. Impossible de continuer à nier, donc. Le malaise est d’autant plus grand qu’il ne s’agit pas de la seule polémique qui la touche, puisqu’elle a été grandement critiquée après la gestion de son ministère des gens issus de la génération Windrush.

“J’ai volontairement trompé la commission parlementaire”

Cette génération désigne des dizaines de milliers d’immigrés venus des pays du Commonwealth dans les années 1940 à la demande du gouvernement pour aider le pays à se reconstruire après la guerre. Ils avaient par la suite obtenu le droit de rester sur le territoire britannique aussi longtemps qu’ils le souhaiteraient.

Mais on les somme désormais de fournir des documents prouvant leur droit à rester en Grande-Bretagne, eux qui ont travaillé à la reconstruction du pays. Ces menaces d’expulsion avaient provoqué une vague d’indignation, notamment après le refus de soins médicaux à Albert Thompson, un sexagénaire issu de cette génération Windrush, atteint d’un cancer de la prostate.

Dans le courrier adressé à la Première ministre annonçant sa démission, Amber Rudd concède avoir menti :

“J’ai volontairement trompé la commission parlementaire des affaires intérieures sur les objectifs de déplacement des immigrés clandestins pendant leurs questions sur Windrush.”

Sa démission ne semble néanmoins ne pas être suffisante. Beaucoup pointent en effet du doigt la responsabilité de Theresa May, notamment parmi les figures de l’opposition, à l’instar du leader du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, qui voit en Amber Rudd le “bouclier humain” de sa supérieure :

“Aujourd’hui, j’ai fait la rencontre de membres de la génération Windrush. Ils ont apporté une contribution absolument incroyable à notre pays. Mais avec le départ d’Amber Rudd, Theresa May a perdu son bouclier humain. La Première ministre devrait mettre fin à ‘l’environnement hostile’ qu’elle a créé.”