Après le lancement de son hijab sportif, Nike fait face aux critiques de la droite américaine

Après le lancement de son hijab sportif, Nike fait face aux critiques de la droite américaine

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Par Lydia Morrish

Publié

En s’adressant aux jeunes filles musulmanes qui pratiquent une activité sportive, la marque s’ouvre un nouveau marché. Cependant, cette politique commerciale ne plaît pas à tout le monde.

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La semaine dernière Nike faisait les gros titres avec le lancement de sa gamme de hijabs, destinée aux sportives musulmanes, qui sera disponible dès 2018. Si on y a vu le signe d’un marketing positif, tourné vers les besoins concrets des jeunes filles, aujourd’hui la droite américaine est vent debout contre l’initiative de Nike.

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Traduction : « Je n’achèterai plus jamais de produits Nike ! Leur avidité pour les $$ est si grande qu’ils arrangent les musulmans ? Pas de loi de la charia en Amérique ! »

Les critiques adressées à la marque reprennent un arguments souvent utilisé contre l’islam, le hijab banaliserait l’oppression de la femme. D’autres trouvent que Nike se fait du fric sur le dos de la domination et de l’oppression des femmes.

Certains font même circuler des pubs satiriques qui montrent des pierres Nike, censées être les plus adaptées à la lapidation, n’hésitant pas à faire un amalgame avec tous les musulmans du globe, soit 1,6 milliard d’êtres humains, 23 % de la population mondiale. Ça en fait une grosse généralité.

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Traduction : « Nike fait des profits sur la soumission, la domination et l’oppression des femmes. Je n’achèterai jamais plus de produits Nike. »

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Traduction : « Soutenir le hijab musulman, c’est soutenir l’esclavage de la femme et le meurtre des homosexuels. » 

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Traduction : « Bravo Nike de normaliser l’oppression des femmes à travers le Pro Hijab. Dégoûtant. » 

L’haltérophile émiratie Amna al-Haddad, qui avec la patineuse artistique Zahra Lari a aidé à concevoir et tester le produit, s’est exprimée au sujet de cette controverse :

« Le lancement de Nike Pro Hijab a provoqué des réactions contrastées sur la volonté de Nike de lancer un tel produit en ce moment. De mon point de vue d’ancienne athlète ayant participé à des compétitions en hijab, je dirais que les grandes marques ne voyaient pas l’intérêt ou le marché, ce n’était pas ‘à la mode’ et peu de femmes s’entraînaient ou participaient à des compétitions en hijab. […]

Récemment, de plus en plus de femmes en ont exprimé le besoin. De nombreuses athlètes ont participé à des compétitions avec un foulard et sont au même niveau que les autres. Cela a attiré l’attention.

En tant que femmes musulmanes, nous nous sommes déjà expliquées à ce sujet dans les médias, pour ma part dès 2011. Les grandes marques ne peuvent pas faire autrement que de nous remarquer et de s’emparer de notre rôle dans le secteur du sport. Elles savent que nous sommes là pour durer. C’est pourquoi elles se sont jointes au cortège et ont créé un nouveau hijab pour le sport, chose qui existait déjà depuis quelques années. Ces marques sont innovantes, et les produits qu’elles créent répondent à des besoins. Ça ne disqualifie pas ce qui a été fait par le passé, mais cela créeune saine compétition sur le marché de la mode pudique. […]

Je soutiens les femmes musulmanes avec ou sans hijab. Elles s’habillent comme elles l’ont choisi. Par ce hijab sport, Nike encourage aussi une nouvelle génération d’athlètes à poursuivre le sport professionnel. Mais tout cela repose sur l’action des professionnels du sport qui se sont battus. »

À la fin de ce communiqué publié sur Instagram, Amna précise que ses mots reflètent uniquement son opinion, qu’elle ne l’exprime pour le compte de personne et qu’elle n’a pas été payée pour le faire.

S’il y a des femmes et des filles qui sont forcées de porter le voile et que ces cas d’oppression doivent être dénoncés, ce n’est pas ce dont on parle lorsque l’on s’intéresse au hijab Nike, au burkini ou au voile en général. Une décision récente de la Cour européenne de justice pourrait autoriser les entreprises à interdire à leurs employés de porter des signes religieux sur leur lieu de travail. Le groupe concerné au premier chef sera donc celui des femmes musulmanes.

En tout cas, lorsque l’on critique ou que l’on souhaite diminuer la liberté des femmes musulmanes de s’habiller comme elles veulent, c’est là que l’oppression commence.

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