Muriel Pénicaud aurait profité de licenciements chez Danone pour toucher 1,13 million d’euros

Muriel Pénicaud aurait profité de licenciements chez Danone pour toucher 1,13 million d’euros

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Par Astrid Van Laer

Publié le

Ce jeudi 27 juillet, L’Humanité accusait l’actuelle ministre du Travail, Muriel Pénicaud, d’avoir bénéficié d’un plan de restructuration qui lui aurait permis de toucher 1,13 million d’euros en 2013, lorsqu’elle était directrice des ressources humaines chez Danone.

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Jeudi 27 juillet, le journal L’Humanité a publié un article intitulé “Stock-options. La ministre du Travail touche le pactole sur le dos des emplois”. Le journaliste Sébastien Crépel accuse l’actuelle occupante de l’hôtel du Châtelet d’avoir touché de l’argent grâce au licenciement d’employés de Danone en 2013. Pour rappel, Muriel Pénicaud était la directrice des ressources humaines de cette entreprise à l’époque.

L’Huma explique avoir eu accès aux comptes officiels du groupe et légende la photo de la ministre en ces termes : “80, c’est, en années de smic net, l’équivalent de la plus-value touchée par Muriel Pénicaud sur la revente de ses stock-options.” En 2013, Danone avait en effet annoncé la suppression de 900 postes en Europe et l’organisation d’un plan de restructuration, faisant grimper ses actions en flèche et permettant à Muriel Pénicaud de toucher un bénéfice de 60 % en revendant ses stock-options. Les salariés d’une entreprise cotée en Bourse peuvent en effet acquérir des options à un prix fixé à l’avance. La plupart du temps, ce système permet d’acheter ces options à un taux bien plus bas que ce qu’elles vaudront à la revente, et donc de réaliser des plus-values.

“C’est légal mais ce n’est pas moral”

Jeudi après-midi, des sénateurs communistes ont brandi la une de L’Humanité pour interpeller la ministre. Le député socialiste Olivier Faure a pointé du doigt un problème de la vie politique française redondant ces derniers mois, à savoir la question de l’éthique en politique, puisque, comme il le dit, “c’est légal mais ce n’est pas moral”. Elle s’est alors défendue en arguant que cette somme d’argent avait été négociée et décidée bien avant le plan social :

“Je voudrais d’abord dire que nous sommes ici pour fabriquer la loi et que nous ne sommes pas ici pour des approximations, voire de la démagogie. Chacun, chacune, peut avoir son appréciation sur le niveau de rémunération des dirigeants des grandes entreprises internationales. Chacun est libre de l’exprimer. Je veux dire avec force qu’il s’agit d’une rémunération décidée des années avant le plan de départ volontaire.”

Pour tenter d’apaiser la polémique, elle a également accordé un entretien au Figaro ce vendredi 28 juillet, pointant du doigt des “amalgames”. En plein chantier du projet de loi sur la moralisation de la vie publique, ainsi que de la réforme du Code du travail par ordonnance, ces informations affaiblissent la ministre. Le leader de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a d’ailleurs immédiatement demandé sa démission, l’accusant d’avoir “organisé la misère humaine”.

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