Minority Report, la série : un futur qui sent la naphtaline

Minority Report, la série : un futur qui sent la naphtaline

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Par Marion Olité

Publié le

Le coup d’envoi de la saison des séries américaines vient d’être lancé avec la diffusion lundi de plusieurs nouveautés, dont Minority Report. Que penser de cette adaptation du film d’anticipation de Steven Spielberg ?
Dans la grande famille des films adaptés en séries, je demande Minority Report. Après Sleepy Hollow, 12 Monkeys ou Scream, c’est au tour du classique d’anticipation de Tonton Spielberg de passer à la moulinette du petit écran. Exit Tom Cruise évidemment. La série débute une décennie après le programme qui prédisait les crimes avant que les “coupables” ne passent à l’action.
Les precogs vivent cachés du monde extérieur, ce qui convient très bien à Agathe. Mais son frère Dash ne l’entend pas de cette oreille et veut utiliser son don pour sauver les innocents (c’est beau). Il va faire équipe avec une détective, Lara Vega, et l’aider à résoudre des meurtres avant qu’ils n’arrivent. Pour le fil rouge, Dash est aussi à la recherche de son frère jumeau, Arthur, volatilisé. Et le candidat le plus sérieux au poste de Maire de Washington veut lancer un nouveau programme, Hawkeye, qui prédit les comportements suspects à base d’outils statistiques (coucou Person of interest).

On vous prévenait dans le top 10 des séries attendues de la rentrée : Minority Report a été conçue sur le modèle du formula show, c’est-à-dire une série dont chaque épisode est construit de la même façon. Ce type de série se double en général du genre procédural, qui introduit la notion d’intrigue policière bouclée : un épisode, une affaire, un meurtrier, le tout réglé en 42 minutes. Un schéma daté, mais qui a encore cours chez des networks (ABC, NBC, CBS, The CW, FOX) ayant pour principal objectif de remplir leur grille de programmation jusqu’en mai prochain.
Même avec de telles contraintes, des séries formula show, accessibles et intelligentes, ont vu le jour. Quand on observe les séries de networks, de moins en moins présentes aux Emmys, ce constat est de moins en moins vrai. La faute à un manque d’imagination dont témoigne très bien Minority Report, paresseuse adaptation sans saveur du film éponyme. L’esthétique futuriste manque cruellement de vision. On croise des perches à selfies volantes, de la pub qui parle directement aux gens et de la réalité augmentée à peine améliorée par rapport au film sorti en 2002.
Plutôt que de bâtir un univers d’anticipation digne de ce nom, les scénaristes s’appuient sur des objets du passé ou de notre présent pour faire comprendre que l’on est bien dans le futur. Une petite référence aux réseaux sociaux par ci – “quand j’étais jeune, on avait un truc qui s’appelait Tinder, c’est comme ça que j’ai rencontré ton père” raconte un personnage – un vieil iPod par là, et le tour est joué.

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