Les six points de “l’accord de gouvernement” passé entre Dupont-Aignan et Le Pen

Les six points de “l’accord de gouvernement” passé entre Dupont-Aignan et Le Pen

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Par Astrid Van Laer

Publié le

Vendredi 28 avril, Nicolas Dupont-Aignan a annoncé son ralliement à Marine Le Pen pour le second tour de l’élection présidentielle. Ils ont ainsi conclu un “accord de gouvernement”. Mais au fait, que contient-il ?

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Le président de Debout la France, qui a recueilli 4,7 % des suffrages exprimés au premier tour de l’élection présidentielle, a annoncé vendredi 28 avril qu’il s’alliait à la candidate du Front national (FN). En cas de victoire de cette dernière au second tour, Nicolas Dupont-Aignan serait donc nommé Premier ministre. Après s’être rencontrés, ils ont conjointement annoncé avoir négocié et conclu un “accord de gouvernement”, vendu comme une “alliance patriote et républicaine”. Voici les six points de cet accord qui constituaient les conditions sine qua none du ralliement de Nicolas Dupont-Aignan à la candidate FN :

  • La sortie de l’euro retardée

Prônant un “patriotisme pragmatique”, Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen se sont accordés pour retarder la sortie de la France de l’euro. En effet, point central du programme du Front national depuis plusieurs mois, il est désormais considéré comme secondaire. Il est écrit :

“La transition de la monnaie unique à la monnaie commune européenne [qui ferait cohabiter l’euro avec le franc, ndlr] n’est pas un préalable à toute politique économique, le calendrier sera adapté aux priorités et défis immédiats que le gouvernement de la France devra relever.”

  • La hausse de l’allocation aux adultes handicapés

Pour mener une politique allant dans le sens d’un “patriotisme juste”, ils ont également annoncé qu’ils revaloriseraient l’allocation aux adultes handicapés de 200 euros, afin de s’assurer que les personnes concernées puissent vivre au-dessus du seuil de pauvreté.

  • Pas de délai de carence pour la scolarisation des enfants étrangers

Le délai de carence désigne la période entre l’obtention d’un droit et l’accès effectif des avantages qu’il confère. Marine Le Pen souhaitait jusque-là instaurer un délai entre l’arrivée légale d’un étranger en France et son droit à percevoir des avantages sociaux – notamment en ce qui concerne l’accès à la scolarité gratuite pour les enfants d’étrangers. L’accord conclu entre Nicolas Dupont-Aignan et la candidate indique cependant un changement de cap. En effet, évoquant un “patriotisme humaniste”, l’accord stipule que doit primer “l’intérêt des Français sans faire peser sur l’école et les enfants les querelles politiques” et que ce délai de carence ne concerne donc plus l’école.

  • La reconnaissance du vote blanc

Comme Nicolas Dupont-Aignan nous l’expliquait dans son interview à Speech, il souhaite reconnaître le vote blanc : “Si le vote blanc est supérieur à 50 % : annulation de l’élection, et interdiction à ceux qui se sont présentés de se représenter.” Un “patriotisme démocratique” guiderait selon lui cette décision mue par un idéal de “pluralisme politique [et] de l’impartialité de la justice”.

  • L’ajustement de la taxe sur les importations

Le “patriotisme économique” a notamment pour but d’inciter les investisseurs à rester sur le territoire français. Le programme des deux candidats énonce ainsi :

“Il est très clair que la contribution sociale à l’importation proposée par Marine le Pen ne concerne que les produits qui concurrencent déloyalement la production française (dumping social, fiscal et environnemental), dans la mesure où il est prévu que cette taxe sera de 3 % en moyenne, nulle pour les produits respectant parfaitement la loyauté du commerce, plus élevée à mesure que cette concurrence apparaît déloyale.”

Il est également précisé que pour favoriser le made in France, l’idée de Nicolas Dupont-Aignan proposant un bonus fiscal aux entreprises fabriquant en France (et un malus à celles qui délocalisent) a été retenue.

  • Une loi pour une vie politique plus “éthique”

Selon les termes de l’accord, Marine Le Pen souhaite, dans les semaines qui suivront son éventuelle élection, mettre en place une loi “éthique” pour mener une “lutte contre les conflits d’intérêts, notamment s’agissant des rapports entre la haute fonction publique et la grande finance, et l’exigence d’un casier judiciaire vierge pour tout candidat à une élection”.

C’est cadeau

Juste pour le plaisir, on se rappelle des propos de Nicolas Dupont-Aignan au sujet de Marine Le Pen et d’un éventuel ralliement à son parti, il y a de ça quelques semaines :

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