Les discussions ont repris entre Angela Merkel et Vladimir Poutine

Les discussions ont repris entre Angela Merkel et Vladimir Poutine

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Par Astrid Van Laer

Publié le

Ce mardi 2 mai, Angela Merkel et Vladimir Poutine se sont rencontrés à Sotchi, en Russie. Le dialogue a été relativement tendu sur de nombreux sujets. Néanmoins, il semblerait qu’il s’agisse d’un premier signe d’apaisement entre les deux pays, après trois années très compliquées sur le plan diplomatique.

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La chancelière allemande et le président russe se sont rencontrés à Sotchi, ce mardi 2 mai. Deux heures de discussion et un déjeuner de travail dans la résidence du chef d’État russe, au bord de la mer noire, leur ont permis d’évoquer de nombreux points. Angela Merkel ne s’était pas rendue en Russie depuis sa visite en 2015, à l’occasion de laquelle, comme le rappelle Le Dauphiné Libéré, elle avait boycotté la célébration de l’anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie. Au début du mois de mars, Vladimir Poutine avait appelé à la “normalisation” des relations entre les deux pays, très tendues depuis le début de la guerre du Donbass.

Si le but était notamment de préparer le prochain sommet du G20, qui se déroulera les 7 et 8 juillet prochains dans la ville de Hambourg, plusieurs autres sujets ont été évoqués : la Syrie, Donald Trump, ou encore l’Ukraine et la Tchétchénie. Malgré un climat tendu, on observe néanmoins une certaine avancée sur le plan des relations diplomatiques.

En effet, malgré des désaccords et de grosses divergences de points de vue, les deux dirigeants ont déclaré vouloir reprendre le dialogue. Selon Le Monde, Vladimir Poutine a annoncé lors d’une conférence de presse commune : “Il y a encore beaucoup de problèmes, beaucoup de choses qui entravent [la coopération entre nos deux pays].” Il a ensuite ajouté : “Notre coopération n’est pas du bluff, c’est une contribution importante au développement de l’économie mondiale.” Le président de la Fédération de Russie a confirmé les propos de la chancelière allemande qui, de son côté, a déclaré : “Il faut toujours faire tous les efforts possibles pour maintenir le dialogue. […] Quand on se parle, on se comprend mieux.” Néanmoins, certains points sont restés très sensibles.

Le principal sujet de discorde : l’Ukraine

L’Ukraine constitue le gros point de divergence entre les deux pays, et il semblerait que chacun soit resté campé sur ses positions : Vladimir Poutine considère que le mouvement qui a abouti à la chute de l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch, en 2014, s’apparentait à un coup d’État et qu’il s’agissait d’un “changement de pouvoir anticonstitutionnel”, tandis qu’Angela Merkel estime qu’un processus démocratique a précédé l’accession au pouvoir de l’actuel président, Petro Porochenko.

Depuis l’annexion de la Crimée par la Russie, le climat n’est toujours pas apaisé, l’Allemagne ayant appuyé les sanctions européennes à l’égard de Moscou à l’époque, comme le rappelle Le Monde. On note également que, lors de leur prise de parole commune, Vladimir Poutine a plaidé en faveur de “négociations directes” entre l’Ukraine et les rebelles pro-russes, qu’il juge indispensables.

Après les récentes révélations sur le traitement inhumain que subiraient les homosexuels en Tchétchénie, qui seraient menacés d’“élimination” en vue d’un “nettoyage préventif”, Angela Merkel aurait aussi profité de cette rencontre pour demander à Vladimir Poutine qu’il intervienne auprès du dirigeant tchétchène pour faire bouger les choses. Elle a indiqué au cours de la conférence de presse : “J’ai aussi parlé de ce rapport très négatif sur ce qui arrive aux homosexuels en Tchétchénie et j’ai demandé au président qu’il use de son influence pour que les droits des minorités soient préservés.” Vladimir Poutine n’a pas répondu à cette demande lors de sa prise de parole. Un silence problématique.

La question de l’ingérence russe

Enfin, selon France 24, un nouveau sujet de discorde serait apparu au cours de leur rencontre. En effet, en septembre prochain se dérouleront les élections législatives allemandes, et Angela Merkel et Vladimir Poutine ont tous deux été interrogés sur le risque d’une forme d’ingérence russe à cette occasion. La chancelière allemande a répondu qu’elle ferait “preuve de fermeté face à tout cas de fausses informations”.

Des présomptions qui n’ont pas plu à Vladimir Poutine, déjà soupçonné d’ingérence dans les élections américaines en novembre dernier, et qui a tenu à le faire savoir : “Nous n’intervenons jamais dans la vie politique et dans les processus politiques de pays tiers, et nous ne souhaitons pas que quiconque s’immisce dans notre vie politique et dans notre politique étrangère.”

Vladimir Poutine recevra demain, mercredi 3 mai, le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdoğan.