Le sénateur Michel Mercier est soupçonné d’avoir offert un emploi fictif à sa fille

Le sénateur Michel Mercier est soupçonné d’avoir offert un emploi fictif à sa fille

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Par Cyrielle Bedu

Publié le

Vendredi 4 août, le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire visant le sénateur Michel Mercier, tout juste nommé au Conseil constitutionnel. Ce dernier est soupçonné de détournement de fonds publics pour avoir embauché sa fille au Sénat.

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Le Parquet national financier (PNF) vient d’ouvrir une enquête visant le sénateur MoDem Michel Mercier, suite à la publication le 2 août par Le Canard enchaîné d’un article affirmant que l’élu du Rhône aurait employé sa fille comme collaboratrice. Celle-ci n’aurait cependant fourni aucun travail selon l’hebdomadaire. Le jour de la sortie de l’article du Canard, Michel Mercier défendait pourtant sa candidature dans le but d’entrer au Conseil constitutionnel. Ce fut chose faite le jour même, lorsque le président du Sénat, Gérard Larcher, signa officiellement le décret de nomination de l’ancien garde des Sceaux.

Cela n’a cependant pas empêché le Parquet d’ouvrir une enquête. Car selon Le Canard enchaîné, de 2012 à 2014, une des filles de Michel Mercier, Delphine, aurait été embauchée à mi-temps pour travailler auprès de son père sénateur. Mais d’après le palmipède, la jeune femme vivait à Londres durant cette période. Pire, selon l’hebdomadaire “son labeur n’a[urait] guère laissé de trace”…

“J’ai bien embauché ma fille pour travailler sur des dossiers culturels”, a réagi Michel Mercier. “J’ai fait venir ma fille pour me seconder dans mes fonctions à la commission de la Culture que je venais d’intégrer”. Selon lui, sa fille lui apportait donc à l’époque une “expertise” culturelle. “Je voulais mieux connaître les questions culturelles par rapport aux nouvelles technologies”, aurait ainsi déclaré l’élu.

Contrairement à ce que rapporte Le Canard enchaîné, le sénateur MoDem clame que sa fille vivait en France à l’époque des faits. “Elle était domiciliée en France, je l’ai vérifié ce matin”, assurait-il le 2 août. Si l’on en croit pourtant son CV en ligne – qui a depuis été supprimé – il semblerait qu’elle occupe depuis 2011 un poste de responsable des collections d’ethnographie au sein de lUniversity College London. “Je remettrai au Sénat l’ensemble des documents de travail qu’elle a fourni. Il les aura !”, a ensuite lancé Michel Mercier après sa nomination au Conseil constitutionnel.

Vendredi 4 août en tout cas, d’après Le Monde, le président du Sénat Gérard Larcher aurait refusé l’accès au Sénat aux policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. Monsieur Larcher refusait par cette action l’exécution de l’ordonnance du juge ayant ouvert l’enquête visant Michel Mercier.