Le conseiller régional FN Aymeric Merlaud souhaite créer un “ordre des journalistes”

Le conseiller régional FN Aymeric Merlaud souhaite créer un “ordre des journalistes”

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Par Astrid Van Laer

Publié le

Aymeric Merlaud, conseiller régional Front national des Pays de la Loire, était invité sur LCI samedi 29 avril. Il y a annoncé vouloir créer un “ordre des journalistes” pour “sanctionner les mauvaises pratiques”.

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Samedi 29 avril, Aymeric Merlaud, conseiller régional Front national des Pays de la Loire, était invité sur LCI. Il y a annoncé vouloir créer un “ordre national des journalistes”. En effet, le cadre a expliqué aux journalistes présents sur le plateau :

“Le problème, c’est qu’en matière de journalisme, il y a un code de déontologie, mais il n’y a rien pour sanctionner.”

Pour y remédier, Aymeric Merlaud souhaite donc créer une instance, composée de journalistes, “qui pourra sanctionner les pratiques”. Faisant référence à Quotidien, l’émission de Yann Barthès sur TMC, ce dernier a critiqué la pratique du “off” en journalisme et a tenu à pointer du doigt les micros placés en hauteur pour écouter des conversations privées, qu’il assimile à des “pratiques d’espionnage” :

“Il y a un code de déontologie, il me semble. Pourquoi n’est-il pas respecté quand il s’agit du Front national ?”

Lorsque le journaliste lui rétorque qu’il s’agit du lot de tous les partis et non du seul Front national, qu’on est au “XXIe siècle” et que “le journalisme a changé”, Aymeric Merlaud questionne ladite pratique : “Il faut s’interroger si c’est une bonne pratique ou pas, d’écouter des conversations privées en se cachant, moi je ne pense pas.”

Le vice-président du parti, Florian Philippot, a réagi à la suite de cette interview, indiquant que ces propos n’engageaient que lui et non le Front national dans son ensemble et que cette proposition ne figurait pas dans le programme du Front national :

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Néanmoins, interrogée par l’Association de préfiguration d’un conseil de presse en France, en 2012, Marine Le Pen y évoquait la création sous sa présidence d’“un ordre professionnel appelé à réguler la profession”.

“Il n’appartient pas à une formation politique de décider des médias habilités à exercer leur rôle démocratique”

Le conseiller régional a également tenu à défendre la position du parti face au métier de journaliste, déclarant :

“Je pense que ce n’est vraiment pas sérieux de considérer que le Front national est une menace pour le journalisme, ce n’est pas le cas. […] Marine Le Pen parle à de nombreux journalistes à travers le monde, des journalistes étrangers, des journalistes français. On agite encore le chiffon rouge comme si on était un danger pour la démocratie.”

Pourtant, le 27 avril dernier, 36 sociétés de journalistes se sont groupées pour dénoncer la sélection des médias faite par le parti, autorisés à le suivre ou non, et à entrer dans les meetings de Marine Le Pen :

“À l’occasion de la campagne pour le second tour de l’élection présidentielle, le Front national a décidé de choisir les médias qui sont autorisés à suivre Marine Le Pen. Plusieurs titres de presse ont ainsi vu leur représentant tenu à l’écart de toute information et de toute possibilité de suivi sur le terrain de la candidate du Front national. […]

Nous protestons de la manière la plus ferme qui soit contre cette entrave à la liberté de faire notre métier et de remplir notre devoir d’informer.

Il n’appartient pas à une formation politique, quelle qu’elle soit, de décider des médias habilités à exercer leur rôle démocratique dans notre société.”