Le docteur Cahuzac reprend du service.
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On n’avait plus entendu parler de Jérôme Cahuzac depuis le 15 mai dernier, date de sa condamnation par la cour d’appel de Paris à quatre ans de prison dont deux avec sursis, pour fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale. On connaît maintenant la raison de sa discrétion : ce dernier postulait à un emploi de médecin en Guyane.
L’information a été annoncée par France Guyane. L’ancien ministre du Budget, chirurgien de formation, a décroché un CDD à l’hôpital Andrée Rosemon de Cayenne. Il va y effectuer, dès cet été, un remplacement en médecine générale pour faire face à la pénurie de soignants, à laquelle le département est confronté.
Libé a interrogé l’hôpital, qui a fait savoir qu’il faisait fi de son passé judiciaire : « Il a postulé, et nous avons retenu sa candidature indépendamment de ses affaires passées. Pour nous, le premier critère, c’est la compétence, et il est inscrit à l’Ordre des médecins. »
« Plus personne n’ose faire travailler Jérôme Cahuzac »
Dans l’incapacité de poursuivre une carrière politique, à cause de sa peine de cinq ans d’inéligibilité, mais également de sa réputation entachée, Jérôme Cahuzac est contraint de trouver une activité moins exposée. Lors de son procès, l’avocat chargé de sa défense, Eric Dupont-Moretti, avait évoqué un homme devenu un « paria », un homme « tout seul » :
« Les agressions verbales, les paparazzis, l’anesthésiste qui ne veut pas pratiquer avec le docteur Cahuzac à ses côtés, l’ONG pour laquelle il œuvre et qui ne veut pas être citée par peur de ne plus recevoir de financements. »
Une information corroborée par un proche de M. Cahuzac à Paris Match, qui expliquait : « Plus personne n’ose faire travailler Jérôme Cahuzac de peur d’être dans le collimateur de la police. » Il aurait donc travaillé « dans le plus grand secret » pour des ONG en Asie du Sud-Est, qui l’auraient contraint à signer un accord de confidentialité pour éviter d’éventuelles représailles.
Au Progrès, Agnès Drouhin, la directrice de l’établissement hospitalier, a tout simplement déclaré : « La seule chose qui m’incombe, c’est de vérifier que la condamnation n’est pas incompatible avec l’exercice hospitalier ».












