Fini le “selon la police” et “selon les organisateurs”, voici un logiciel pour compter le nombre de manifestants

Fini le “selon la police” et “selon les organisateurs”, voici un logiciel pour compter le nombre de manifestants

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Par Virginie Cresci

Publié le

Des chercheurs espagnols ont élaboré un système qui permettrait de compter les manifestants dans un cortège. N’en déplaise à la police et aux organisateurs.

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Combien y aura-t-il de manifestants à la marche de soutien à François Fillon dimanche prochain ? Sûrement 150 000 selon les organisateurs et beaucoup moins selon la police. Ainsi vont la France et ses manifestations, “pour tous”, contre la loi Travail ou encore pour la police : on ne sait jamais trop qui croire. La sempiternelle guerre des comptages faisait déjà rage bien avant Mai 68.

Le 14 juin dernier, lors d’une journée de manifestations contre la loi Travail dans toute la France, l’écart des chiffres a battu tous les records. 125 000 manifestants selon la police, 1,3 million selon les syndicats, un  différentiel de un à dix, du jamais-vu depuis 1944. Qui croire, donc, dans ce jeu des grands écarts à la symbolique très politique ? Parce que le nombre de manifestants, ça compte énormément.

Pour remédier à ce problème d’ordre public, des scientifiques des universités de Grenade et de Jaén, en Espagne, se sont penchés sur la question. Ils ont élaboré un boîtier et un logiciel, nous dit L’Obs, qui détectent les mouvements des personnes dans une zone donnée, le tout grâce aux réseaux wifi et Bluetooth auxquels sont connectés nos téléphones portables (seuls les manifestants ayant un smartphone sont donc comptabilisés).

Des données en temps réel

Les boîtiers, à fixer sur les feux rouges, nécessitent tout de même une alimentation électrique et une connexion Internet. Ils seraient capables de mesurer la circulation sur une artère donnée. L’Obs précise que les données pourront être transmises en temps réel au public par l’intermédiaire d’un compte Twitter.

Pour le moment, les syndicats et les préfectures françaises restent cantonnés à la bonne vieille méthode du comptage à la main. Munis d’un “compteur à main” en plastique ou en métal, les policiers d’un côté, les syndicats de l’autre, appuient sur le boîtier à la vue d’un manifestant. Une tâche fastidieuse qui demande une concentration et un sens de la physionomie hors du commun. L’erreur est humaine.