« Je n’écris pas pour protéger les adolescents »
Le premier livre que l’on retrouve sur la liste est Le premier qui pleure a perdu (The absolutely true diary of a part-time indian) de Sherman Alexie qui figure dans la liste depuis 2010 mais qui atteint pour la première fois le sommet. Les raisons ? Le livre est, selon les plaintes, anti-familial, aborde des sujets comme la drogue, l’alcool, le tabac et contient des propos insultants. De plus il décrit des scènes de harcèlement. Rappelons que ce livre retrace l’histoire d’un jeune indien qui est admis dans une école prestigieuse composée principalement de blancs.
Son auteur a réagi dans un tweet :
À voir aussi sur Konbini
Je suis le fier auteur du livre le plus banni en 2014.
I am the proud author of the most banned/challenged book of 2014! http://t.co/eN0biOD7jq
— Sherman Alexie (@Sherman_Alexie) 13 Avril 2015 Dans un article pour le Wall Street Journal daté de 2011, il écrivait déjà :
Je n’écris pas pour protéger les adolescents. Il est trop tard pour ça. J’écris pour leur donner des armes – sous la forme de mots et d’idées – qui les aideront a combattre leurs monstres.
Il estimait aussi en 2013 que si son livre avait été banni, c’est qu’il avait écrit « une œuvre qui devait être lue« .
Après le livre d’Alexie, on retrouve Persepolis de Marjane Satrapi banni à cause notamment de son point de vue trop politique. Puis, la troisième position a été attribuée à And Tango Makes Three, un livre pour enfants qui dépeint l’histoire d’un couple de pingouins homosexuels. L’ouvrage figurait déjà à la première place du classement de 2006 à 2010. Notons qu’en huitième position, le livre Pas Raccord (The Perks of being a Wallflower) a fait l’objet de plaintes parce que la masturbation, le viol et l’homosexualité (encore une fois) y étaient abordés.
La diversité réduite au silence
Ce top 10 démontre que certains sujets ne passent définitivement pas et surtout les contenus qui abordent la diversité. 80% des livres mentionnés parlent de racisme, des problématiques LGBT, de handicap ou de maladie mentale. Selon Malinda Lo, auteur de romans pour adolescent et citée dans le Washington Post :
La diversité s’affaiblit dans tous les genres de livres et à travers toutes les tranches d’âges. Le message qui est envoyé est très clair : la diversité est actuellement attaquée. Les perspectives sur les minorités sont réduites au silence chaque année.
Si la diversité semble déplaire à de nombreux parents, les statistiques montrent également qu’ils s’accrochent à leur puritanisme. Les plaintes ont été déposées principalement pour des raisons de contenus sexuellement explicites (34%), de propos offensants (23%°), de scènes violentes (14%) ou montrant de la nudité (10%).
Pour retrouver l’intégralité du rapport, c’est par ici.











