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En écoute : 6 groupes irlandais engagés contre le 8e amendement

En écoute : 6 groupes irlandais engagés contre le 8e amendement

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En ce jour de vote, nous avons sélectionné six chansons de groupes irlandais qui militent, en musique, pour la légalisation du 8e amendement.

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Ce vendredi 25 mai, les Irlandais sont appelés aux urnes. Ils se prononceront pour ou contre l’abrogation du 8ee amendement de la Constitution. Voté en 1983, ce texte interdit l’avortement, sauf si la grossesse met la mère en danger. En République d’Irlande, avorter ou pratiquer un avortement est passible de 14 ans de prison. Conséquence de cette loi restrictive : les femmes qui veulent mettre un terme à leur grossesse ont recours à des méthodes dangereuses ou payent de leur poche pour aller avorter en Angleterre ou au Pays de Galles. Plus de 170 000 femmes auraient opté pour cette solution entre 1980 et 2016 selon les chiffres du planning familial.

Le référendum divise profondément la société irlandaise. Si des artistes mondialement connus, comme U2, ont pris position en faveur de l’abrogation du 8e amendement, nombreux sont les groupes irlandais qui depuis plusieurs années militent en musique. Voici une sélection (non exhaustive) de morceaux en faveur de la légalisation de l’avortement.

Mongoose – “Doing Things Wrong” (2016)

Selon Mongoose, “‘Doing Things Wrong’ (“faire les choses de travers”) s’empare de l’impuissance des femmes irlandaises”. Dans le clip, les quatre chanteuses du groupe de folk pop mettent en scène le parcours du combattant que doivent traverser les femmes qui veulent avorter. Au cours d’un périple semé d’obstacles dans une forêt, un homme paré d’un masque de chirurgien les prive de leur identité (il leur retire leur passeport, les contraint à enfiler une tenue noire impersonnelle) et les muselle.

Sissy – “Sail and Rail” (2015)

Ce morceau est une reprise d’un titre de l’artiste irlandaise Enya qui a connu un succès international à la fin des années 1980. Si la version originale est une invitation au voyage, “Sail and Rail” raconte l’expédition de deux femmes enceintes contraintes d’aller avorter en Angleterre. Le titre fait référence à un tarif préférentiel de la compagnie Stena Line qui propose des trajets entre les deux nations. Un clin d’œil ironique pour décrire une croisière qui n’en est pas une.

“Moi et Enya sur la route / Deux grossesses non désirées / Mais bientôt on sera prêtes pour la plage” (“Me and Enya on the sail and rail / Two unwanted pregnancies / But soon we’ll be bikini ready” en VO) chante le groupe de garage punk féministe, Sissy.

Le clip reprend les images des manifestations contre le 8e amendement et de la veillée en mémoire de Savita Halappanavar. En 2012, cette Indienne est décédée d’une septicémie à l’hôpital universitaire de Galway, car les médecins ont refusé d’interrompre sa grossesse alors qu’elle faisait une fausse couche. Elle est depuis devenue un symbole de la lutte pour la légalisation de l’avortement.

Alien She – “Death Sentence” (2018)

Ce drame a également inspiré le groupe de punk expérimental, Alien She. Ce morceau pose un constat cru : la loi anti-avortement condamne les femmes à mort. “Quand nous avons appris la nouvelle de la mort de Savita, nous étions dévastées. Ça aurait pu être l’une de nous. Notre pays a envoyé un message clair : on ne compte pas. Notre vie est interchangeable”, a expliqué à Dazed la chanteuse Katie O’Neil.

Hawk – “Once told” (2016)

Le groupe basé à Berlin avait déjà composé un morceau (“Glass”) en amont du référendum sur le mariage pour les couples de même sexe en Irlande, qui est devenu le premier pays à légaliser cette union grâce au vote populaire. Il était donc tout naturel qu’ils s’attaquent à une autre cause progressiste. Ce morceau met le doigt sur le tabou qui entoure l’avortement. “Je voulais vraiment parler des troubles psychiques qui résultent du regard désapprobateur de la société”, a expliqué au Guardian la chanteuse Julie Hawk, qui a donné son nom au groupe.

Wyvern Lingo – “Out of my hands”(2017)

C’est une rencontre dans un pub qui a donné naissance à ce morceau. Karen, la chanteuse du groupe, a voulu se mettre dans la tête d’un homme très critique envers le militantisme, dont le mouvement pour l’abrogation du 8e amendement.

“Elle n’arrête jamais / Elle pleure sur l’inégalité / Oh, le 8e amendement et l’État / Elle n’est jamais contente” fait-elle dire à son personnage antipathique.

September Girls – “Catholic Guilt”

Tiré de l’album Age of Indignation (“l’âge de l’indignation”), “Catholic Guilt” s’attaque frontalement à l’Église catholique et à l’influence qu’elle exerce sur la société irlandaise. Trois ans après la légalisation du mariage pour les couples de même sexe, l’abrogation du 8e amendement serait une nouvelle preuve de la perte de vitesse de l’institution.