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Les dons au Planning familial américain ont explosé depuis l’élection de Trump

Les dons au Planning familial américain ont explosé depuis l’élection de Trump

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Par Théo Mercadier

Publié le

À la suite des nombreuses attaques de Donald Trump et des membres de sa future administration contre le droit à l’avortement, les dons au Planning familial explosent tous les records aux États-Unis.

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Voilà bien une conséquence de l’élection de Donald Trump que personne n’avait vu venir ! Depuis le 8 novembre, les associations qui défendent des causes progressistes (contrôle des armes, liberté de la presse, aide aux étrangers, etc.) voient un véritable tsunami de dons leur arriver dessus. Et c’est particulièrement flagrant pour celles comme le Planning familial (Planned Parenthood en VO), qui permettent aux femmes américaines d’avorter en toute sécurité.

Si la fin de l’année est une période généralement très prolifique pour ce genre d’associations, celle de 2016 marque un record. Ainsi, le Planned Parenthood a enregistré le nombre hallucinant de 300 000 donations individuelles ces six dernières semaines, soit 40 fois plus que d’habitude. De son côté, l’ACLU – l’American civil liberties union, une association qui défend les droits civiques élémentaires, comme celui à l’avortement – dit avoir récolté près de 23 millions de dollars (22 millions d’euros) en quelques semaines… dont 7 millions reçus dans les cinq jours qui ont suivi l’élection du 8 novembre.

Mobilisation des millennials

Alors que d’ordinaire les gens préfèrent faire des cadeaux à leurs proches au moment de Noël, cette année ce sont bien des flots d’argent qui ont afflué des quatre coins des États-Unis vers les assos. D’après un porte-parole du Planned Parenthood, interrogé par le Guardian, ce changement de pratique est directement lié au nouveau profil des donateurs : 70 % d’entre eux sont des millennials qui participaient à ce type de campagne de levée de fonds pour la première fois. À travers ces dons, c’est l’inquiétude de toute une génération qui s’exprime, celle qui pense que l’avortement est un droit fondamental que rien ni personne ne doit venir restreindre.

Car la campagne de Donald Trump n’a pas vraiment rassuré sur la pérennité du droit à l’avortement – bien au contraire – pas plus que la nomination de Mike Pence au poste de vice-président. Le nouveau VP est l’un des plus ardents défenseurs de la cause pro-life (anti-avortement) : de nombreuses cliniques spécialisées ont dû fermer à cause des politiques qu’il a menées dans l’Indiana, dont il est le gouverneur. De fait, le gouvernement de Donald Trump compte un nombre inquiétant de pro-life – comme son ambassadrice à l’ONU Nikki Halley. Une équipe bien décidée à tout faire pour couper les financements fédéraux aux associations comme le Planning familial. Ce qui, de fait, leur permettrait de tacler l’avortement sans passer par la case législative.

Sauf que la société américaine ne se laisse pas faire comme ça : sur les 300 000 dons enregistrés, 82 000 ont été réalisés au nom de Mike Pence. Un coup de maître qui n’a pas qu’une portée symbolique puisque ce sont autant de certificats de donation envoyés directement à son bureau à Indianapolis, soit une avalanche de papier pour ce cher Mike. Génie.