Donald Trump vient d’autoriser les églises américaines à faire de la politique

Donald Trump vient d’autoriser les églises américaines à faire de la politique

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Par Virginie Cresci

Publié le

Une atteinte à la séparation des églises et de l’État

Le décret signé par Donald Trump le 4 mai touche à une valeur fondamentale de la république américaine : la séparation des pouvoirs politique et religieux. Même si les différentes églises établies aux États-Unis ont souvent des avis politiques (et ne se cachent pas pour les donner), il leur est formellement interdit de faire de la politique – en ayant un parti qui se présenterait aux élections, par exemple. D’ailleurs, une loi de 1954 empêche les organisations exonérées d’impôts de soutenir officiellement un candidat lors d’une élection.
Avec ce décret, les institutions religieuses qui emploient des salariés pourront refuser de proposer à ces derniers des mutuelles couvrant le remboursement de contraceptifs. En revanche, le texte n’autorise pas les discriminations envers les homosexuels ou les mères célibataires, ce que certains lobbys évangélistes souhaitaient.
Pour faire passer le décret, le président Trump s’est caché derrière la liberté d’expression, affirmant qu’avec son gouvernement celle-ci “ne s’arrête pas aux marches des cathédrales, des synagogues, ou tout autre lieu de prière. Nous rendons ainsi leur voix à nos églises”. De nombreux groupes de défense des libertés civiles et sexuelles américaines ont peur que ce décret autorise des agences du gouvernement ou des sociétés privées de refuser de servir les personnes homosexuelles au nom de la liberté du culte. Cette situation pourrait être “un permis de discriminer sans précédent”, affirme Sarah Warbelow, membre de l’ONG Human Rights Campaign.
“La liberté de religion ne donne pas le droit d’imposer ses croyances aux autres, de les blesser ou de discriminer”, affirme-t-elle dans les colonnes du New York Times. Ceci est une attaque de plus du président Trump contre les droits des personnes LGBT et des femmes.

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