Donald Trump peut-il être destitué ?

Donald Trump peut-il être destitué ?

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Par Cyrielle Bedu

Publié le

  • Le 9 mai, Donald Trump a limogé sans ménagement le patron du FBI James Comey, qui enquêtait sur des liens supposés entre la Russie et des membres de l’équipe de campagne du président.

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  • Le 16 mai enfin, le New York Times a révélé que Donald Trump avait demandé au patron du FBI (juste avant de le virer) de mettre fin à une enquête fédérale visant son ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn. Ce dernier avait dû démissionner en février, après avoir menti sur le contenu d’une conversation téléphonique avec l’ambassadeur de Russie à Washington. La fameuse goutte d’eau…

Impeach or not impeach ?

Face aux accusations successives dont il fait l’objet, les appels à la destitution (“impeachment” en anglais) à l’encontre de Trump se multiplient. En effet, le président américain n’est pas protégé par une immunité et la menace d’une destitution plane toujours au-dessus du locataire de la Maison Blanche…
Selon le constitutionnaliste américain Laurence Tribe,“le comportement du président suggère fortement qu’il pose un danger pour notre système de gouvernement”. Or l’article II de la Constitution américaine énonce ceci :

“Le président, le vice-président et tous les fonctionnaires civils des États-Unis seront destitués de leurs charges sur mise en accusation et condamnation pour trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs.”

Pour que la destitution du président soit effective, il faut donc qu’elle soit enclenchée puis votée à la majorité simple par la Chambre des représentants. Il faut ensuite qu’au moins deux tiers des sénateurs votent également la destitution. Sauf qu’actuellement, les républicains sont majoritaires dans les deux chambres du Congrès. Or ces mêmes républicains ne sont peut-être pas encore prêts à voter l’impeachment de Donald Trump.
Dans l’Histoire des États-Unis, la procédure de destitution présidentielle a été lancée à deux reprises, pour deux démocrates : Andrew Johnson en 1868 en raison d’un virulent différend politique, et Bill Clinton en 1998 pour parjure et abus de pouvoir après avoir menti sous serment. Les deux présidents ont finalement été acquittés par le Sénat. Pour sa part, Richard Nixon, empêtré dans le scandale du Watergate, a démissionné en 1974 face à la procédure de destitution qui lui pendait au nez.
Dans le cas de Donald Trump, une pétition en ligne appelant à sa destitution a déjà recueilli plus de 970 000 signatures. Les bookmakers sont aussi sur le coup. Un sondage, réalisé le 16 mai par l’institut Public Policy Polling, estime que 48 % des Américains souhaitent la destitution de Donald Trump – ils étaient 35 % en février dernier.