Samedi 5 mai 2018, Emmanuel Macron va se rendre sur l’île d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie. 30 ans, jour pour jour, après la prise d’otages sanglante de 1988. La tension est telle que le président ne se risquera pas à rencontrer les 21 fantômes de la grotte d’Ouvéa.
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C’est le premier président de la République à se rendre sur l’île d’Ouvéa depuis le bain de sang qui a traumatisé la population de l’archipel de la Nouvelle-Calédonie. Le 5 mai 1988, le GIGN a donné un assaut pour libérer des gendarmes retenus en otages par des militants indépendantistes de la tribu de Gossanah. Bilan : 21 morts dont deux militaires et 19 kanaks.
Si l’accueil d’Emmanuel Macron jeudi 3 mai 2018 à Nouméa semble accueillant, sa présence ne fait pas l’unanimité. La population reste encore profondément marquée par le drame et le climat est loin d’être apaisé.
« La France nous a toujours trompés. Macron ne doit pas être sur la tombe des 19 le 5 mai. C’est une insulte, c’est une provocation. »
Des manifestations d’hostilité ont eu lieu dès son arrivée, « on a appris cette visite par la presse, personne ne nous a prévenus. Ici, il y a des sentiers de la parole à respecter, mais là ils mettent l’action avant la parole », explique un porte-parole de la tribu Gossanah pour France Info. Le comité Gossanah s’oppose à la présence d’Emmanuel Macron sur la tombe des 19 indépendantistes kanaks morts le 5 mai 1988.
A #Ouvea , le comité #Gossanah souhaite que le recueillement du 5 mai se déroule en toute intimité.
— NC La 1ère (@ncla1ere) 2 mai 2018
Ce mercredi matin le collectif a manifesté devant les grilles de la gendarmerie de Fayaoué contre la visite du président de la République sur l'île.https://t.co/AJKOMFI03j pic.twitter.com/5kiByqr4RZ
Le président doit se recueillir silencieusement à la gendarmerie de Fayaoué sur une stèle en mémoire des deux gendarmes tués pendant l’assaut. Il devrait aller aussi à l’endroit où deux leaders kanaks (Jean-Marie Tjibaou et son lieutenant, Yeweiné Yéweiné) ont été assassinés un an plus tard, en 1989 par un autre indépendantiste.
Cependant, Emmanuel Macron ne se rendra pas dans la grotte où a eu lieu l’assaut.
En vue de l’organisation du référendum du 4 novembre pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron est venu rencontrer toutes les forces politiques calédoniennes pour les écouter. Déjà largement autonome, l’île pourra choisir entre le maintien dans la France et la pleine souveraineté. Environ 170 000 électeurs sur près de 280 000 habitants, seront appelés aux urnes.











