François Hollande plaide pour l’Europe et met en garde contre l’extrême droite

François Hollande plaide pour l’Europe et met en garde contre l’extrême droite

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Par Cyrielle Bedu

Publié le

Le président de la République a accordé un entretien exclusif à six médias européens pour parler de l’Union européenne.

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Alors que les médias français ne parlent que de l’affaire Fillon et de ses conséquences sur la prochaine élection présidentielle, François Hollande fait lui un pas de côté, en décidant de ne parler que de l’Union européenne dans le cadre d’un entretien exclusif accordé le lundi 6 mars aux journaux Le Monde (France), Süddeutsche Zeitung (Allemagne), La Stampa (Italie), The Guardian (Royaume-Uni), La Vanguardia (Espagne) et Gazeta Wyborcza (Pologne).

Dès le début de l’entretien, le président français met une nouvelle fois en garde ses partenaires européens face à la menace que représenterait pour l’Europe une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle française.

“La menace existe. L’extrême droite n’a jamais été aussi haute depuis plus de trente ans. Mais la France ne cédera pas. D’abord, parce qu’elle est la France et qu’elle a conscience que le vote du 23 avril et du 7 mai déterminera non seulement le destin de notre pays mais aussi l’avenir-même de la construction européenne. […]

Si d’aventure la candidate du Front national l’emportait, elle engagerait immédiatement un processus de sortie de la zone euro, et même de l’Union européenne. C’est l’objectif de tous les populistes, d’où qu’ils soient : quitter l’Europe, se fermer au monde et imaginer un avenir entouré de barrières de toutes sortes et de frontières défendues par des miradors.”

L’Otan pas si “obsolète” que ça

Alors que l’Union européenne (UE) célèbrera le 25 mars prochain dans un contexte de crise post-Brexit, le 60e anniversaire du traité de Rome, son texte fondateur, François Hollande annonce ne pas “céder à la désespérance”.

Le président explique notamment que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) doit être plus forte que jamais, et que la défense des Européens passe avant tout par ce traité. Pour démontrer l’importance de l’Otan, François Hollande rappelle que même le président américain Donald Trump avait dans un premier temps qualifié l’Alliance atlantique d’“obsolète”, avant de faire volte-face quelques semaines plus tard, en promettant à la Première ministre britannique Theresa May, qu’il soutiendrait l’Otan “à 100 %”.

Et les premières critiques du président américain, loin de décourager l’UE, pousseraient en fait celle-ci à accélérer la défense européenne, selon François Hollande : “L’Europe doit éviter toute dépendance qui la placerait dans la soumission, ce qui serait grave, ou dans l’abandon, ce qui serait pire”, affirme le chef de l’État.

Avant de déclarer :

“Ce qui m’inquiète le plus dans l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, c’est le retour des égoïsmes nationaux, c’est que chaque pays vienne chercher son intérêt immédiat sans porter une ambition commune. […]

Le principe de solidarité est atteint quand des pays refusent de prendre des engagements sur les réfugiés, quand ils s’écartent des obligations liées à l’accord sur le climat, quand ils sont prêts à exclure un pays de la zone euro pour ne pas contribuer davantage. […] Sans un nouvel esprit européen, l’UE sombrera dans la dilution et à terme dans la dislocation.”

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