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Daech rase au bulldozer les vestiges archéologiques d’une cité antique en Irak

Publié le

par Théo Chapuis

Daech rase au bulldozer les vestiges archéologiques d’une cité antique en Irak

Site après site

Ce qui s’est produit là n’est guère surprenant. Selon Le Monde, de nombreux archéologues avaient déjà prédit le saccage de ce site par Daech, du fait de sa proximité avec Mossoul – où la négation d’une autre culture que celle promue par l’EI est sévèrement réprimée.
Abelamir Hamdani, archéologue irakien de l’Université Stony Brook à New York, annonce de mauvais présages : selon lui, c’est la cité de Hatra, inscrite au patrimoine de l’Unesco, qui sera “évidemment […] la prochaine cible. […] C’est seulement une question de temps”, augure-t-il. S’estimant “bouleversé” par ces destructions, il n’annonce pas un avenir plus lumineux pour l’héritage culturel d’Irak :

Je suis désolé de le dire, mais tout le monde s’y attendait. Le dessein des djihadistes est de détruire le patrimoine irakien, site après site.

Capitale du monde antique

Nimroud a été construite autour de l’an 1250 avant Jésus-Christ. Cette ville de 3,60 kilomètres carré, l’une des plus vastes à l’époque, s’appelait alors Kalkhu, ou Kalakh dans l’Ancien Testament. Quatre siècles plus tard, la cité devenait la capitale néo-assyrienne, empire le plus puissant de la planète à l’époque. Son autorité s’étendait entre les frontières actuelles de l’Égypte, de la Turquie et de l’Iran. Seule consolation : nombre de ses trésors archéologiques inestimables avaient déjà été déplacés au British Museum de Londres ou bien à Bagdad.
Ces destructions font évidemment écho aux nombreuses autres intentées par Daech en Irak et en Lybie – mais aussi à la pulvérisation des Bouddhas de Bâmiyân par les talibans d’Afghanistan. Ces trois hauts-reliefs monumentaux de bouddhas debout, à 230 kilomètres au nord-ouest de Kaboul, auraient complètement cédé après un mois de tirs d’artillerie et d’explosifs. Ils auraient été construits entre 300 et 700 après J.C. Face à ce qui heurte leur conception de l’Histoire et de la culture, les intégristes ont choisi de nettoyer par le vide.

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