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Cuba : un site d’information indépendant bloqué dès son lancement

Publié le

par Anaïs Chatellier

Cuba : un site d’information indépendant bloqué dès son lancement

“L’évolution d’une aventure personnelle à un projet collectif”

C’est ce qu’on peut lire sur le site Internet 14ymedio.com. Accompagnée de douze rédacteurs, Yoani Sanchez a voulu créer un “journal digital dans un pays sans liberté de presse : Cuba“. Dans sa déclaration de principe, l’équipe dit promouvoir “la vérité, la liberté et la défense des droits de l’homme, sans entrave idéologique ou partisane“, et dans l’édito, on peut même lire que cette initiative permettra de contribuer à “la transition démocratique et à la construction d’un nouveau pays“.
Entre l’interview d’un écrivain cubain incarcéré, une analyse des réformes du gouvernement, des conseils pour les cheveux secs et abimés ou une critique littéraire du livre Poser nue à la Havane de Wendy Guerra, le site de la dissidente se veut généraliste, mais surtout revendicatif.
Visiblement, le gouvernement castriste n’a pas vu d’un bon œil cette tribune orchestrée par la femme de 38 ans qu’il considère bien trop proche des Etats-Unis, et qu’il accuse même de cyber-subversion. À peine créé, le site de Yoani Sanchez se retrouve ainsi fermé par le gouvernement. Et redirigé vers un tout autre site.


Mauvaise stratégie du gouvernement cubain de rediriger notre site Internet, il n’y a rien de plus attractif que ce qui est interdit.

A la place, une page Internet contre Yoani Sanchez

Ceci est un site regroupant des personnes qui en ont marre que Yoani Sanchez soit présentée comme la Mère Téresa des dissidents cubains, alors qu’on cache ses ambitions politiques et économiques. Elle est probablement la Cubaine la plus riche de l’île, avec des salaires fixes mensuels de la SIP, de El País, O’Globo.

À voir aussi sur Konbini

La description est assez acerbe pour comprendre le contenu du site www.yoanislandia.com. Selon leur dernier post, 14ymedio serait une nouvelle astuce de la mercenaire pro-américaine, pour justifier le salaire que lui verse la SINA (la Section des Intérêts Américains à la Havana).
Sur 180 pays étudiés par Reporters Sans Frontière, Cuba est placé à la 170ème position en ce qui concerne à la liberté de presse, et fait ainsi partie des dix pays qui respectent le moins ce principe démocratique. Pour rappel, la Syrie et la Corée du Nord occupent respectivement les 179ème et 177ème places.