Corées : Pyongyang change d’heure et adopte celle de Séoul

Corées : Pyongyang change d’heure et adopte celle de Séoul

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Par Astrid Van Laer

Publié le

Après des dizaines d’années à se regarder en chiens de faïence, Kim Jong-un et Moon Jae-in ont remis les pendules à l’heure.

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La détente entre la Corée du Nord et la Corée du Sud se poursuit. Après Séoul, qui débranchait la semaine dernière ses haut-parleurs qui hurlaient de la K-pop à la frontière pour narguer son voisin du Nord, c’est au tour de Pyongyang de faire un effort.

La KCNA (agence centrale de presse nord-coréenne) a annoncé qu’à partir du 5 mai prochain, les pendules des deux Corées afficheraient enfin la même heure. En 2015, la Corée du Nord avait décalé ses horloges de trente minutes pour célébrer le 70e anniversaire de la décolonisation japonaise.

Selon Ouest France, après le sommet intercoréen ce vendredi 27 avril à Panmunjom – la première rencontre entre les deux pays depuis 1953 –, le dirigeant nord-coréen aurait déclaré avoir trouvé “déchirant” de voir des horloges murales qui donnaient deux heures différentes et aurait donc annoncé ce changement de fuseau horaire. Lundi 30 avril, le parlement de la Corée du Nord a donc adopté un décret pour sceller cette décision symbolique. La Corée du Sud a salué cette décision.

La France toujours à l’horaire allemand

En France, depuis 78 ans, nous vivons sur le fuseau horaire allemand, adopté pendant l’Occupation. Comme le rapporte Slate, en 1940, la partie occupée de l’Hexagone avait en effet avancé ses pendules d’une heure pour que les soldats allemands n’aient plus à changer d’heure sur leur montre en arrivant sur notre territoire.

Dans La France à l’heure allemande, l’historienne Yvonne Poulle explique également la façon dont les horaires de radiodiffusion de certaines émissions ont eux aussi été modifiés. Mais surtout, comment, afin d’éviter d’avoir un décalage horaire au sein du même pays, notamment lors de déplacements en train, la France libre s’était alors alignée sur l’heure de Paris, à l’initiative de la SNCF :

“Voici en effet la France coupée en deux par la ligne de démarcation dans le domaine de l’heure, comme dans bien d’autres. Paris est en avance d’une heure sur Vichy : c’est une complication de plus au passage de la ligne de démarcation aux démarches déjà bien incertaines, et une perturbation supplémentaire pour les horaires de chemin de fer.”

L’absurde de la situation étant que les trains venant de la zone occupée attendaient une heure à la frontière avec la zone libre, “tout cela bien entendu bouleversant les correspondances”, explique-t-elle.