Avec son collier spécial cocaïne, le label Vetements continue à jouer la carte de la provocation

Avec son collier spécial cocaïne, le label Vetements continue à jouer la carte de la provocation

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Par Justina Bakutyte

Publié le

Pendant que certains inventent de nouvelles drogues toujours plus hype, d’autres créent des accessoires en rapport avec leur consommation.

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De plus en plus d’entreprises commencent à penser des produits destinés aux consommateurs de substances illégales, qu’il s’agisse de pipes artistiques en céramique ou de grinders en or massif à 750 dollars (635 euros). La dernière création de ce genre a été pensée par le label francophone Vetements : le Snuff Necklace renferme en effet une mini-cuillère à cocaïne (!).

Vendu 350 dollars (soit 300 euros environ) sur le site Ssense, ce bijou en laiton n’est pas officiellement présenté comme un accessoire pour se droguer, mais les fans et les détracteurs de la marque ne sont pas dupes. Bien évidemment, la comparaison avec le collier de Sarah Michelle Gellar dans Sexe Intentions ne s’est pas fait attendre…

Traduction : Est-ce que Vetements s’est inspirée de Sexe Intentions ? Son nouveau collier le laisse penser…

Critique sociétale ou simple provocation ?

Si certains voient de l’ironie dans ce modèle, d’autres ne tolèrent en revanche pas cette apologie de la drogue. Le journal Daily Mail cite un ancien employé d’une clinique psychiatrique qui affirme que si Vetements “avait vu des alcooliques et des toxicomanes tenter de décrocher du jour au lendemain, ils y réfléchiraient à deux fois avant de faire passer la drogue pour un accessoire tendance”.

Le label, dirigé par le styliste Demna Gvasalia, est habitué de la controverse. Il s’est déjà illustré pour avoir repoussé les limites des convenances et du bon goût, comme avec son jean à fermeture éclair qui expose les postérieurs, ses escarpins dont les talons sont des briquets Bic, sa collection inspirée du logo de la marque de transport DHL, ou encore ses sweats rouges brodés de la faucille et du marteau communistes.

Alors, faut-il y voir une façon intelligente et réfléchie d’attirer l’attention sur le malaise de nos existences modernes dans une société malade, ou juste un coup d’éclat pour faire les gros titres et empocher des sous au passage ? Honnêtement, sans doute un peu des deux. Comme l’explique J.E. Sebastian sur Business of Fashion, Vetements se donne une image provocatrice en créant des looks pour les outsiders cool, un peu bizarres et incompris, laquelle plaît aussi bien aux filles qu’aux garçons.

Et même si ce marché est lucratif, Demna Gvasalia n’utilise pas le stylisme que pour faire du profit sur le dos de hipsters inconscients, c’est aussi sa façon de bousculer les normes désuètes de la mode et du consumérisme à outrance, à propos desquels il affirme “c’est horrible à regarder, c’est pour ça qu’on aime ça”.

On ne peut pas vraiment combattre le système, à moins d’en faire partie, et c’est la position que Vetements semble avoir choisie. Ou du moins, c’est ce que l’on imagine…

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Traduit de l’anglais par Sophie Janinet