Les musées et les monuments seront rouverts « à travers le territoire » à partir du 2 juin et le port du masque y sera obligatoire, a annoncé jeudi le Premier ministre, tout comme, « dans les zones vertes », les salles de spectacle et les théâtres.
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Il explique ainsi :
« Je ne méconnais absolument pas la difficulté pratique de rouvrir ses équipements, dès lors que la programmation s’est trouvée perturbée, les répétitions n’ont pas pu intervenir. »
« Mais le spectacle vivant ne fonctionne pas comme ça », a réagi auprès de l’AFP Malika Séguineau, du Prodiss, première organisation patronale du spectacle musical dans le privé, avant de préciser :
« Il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton. On nous a dit que c’était une situation de guerre mi-mars et toutes les programmations ont été annulées. Il n’y a plus de ventes de billets depuis mi-mars. Les grands artistes français ont reporté à 2021, de même que les artistes internationaux. »
Même constat au théâtre : « Beaucoup de pièces ont été annulées, il ne suffit pas de rallumer les projecteurs », a renchéri Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point sur BFM-TV.
Pour le Premier ministre, « si certains [exploitants de salles, ndlr] peuvent [rouvrir, ndlr] alors qu’ils le fassent, les règles de distanciation physique devront y être respectées par une organisation spécifique des places assises, une gestion des flux conforme au protocole sanitaire de ces espaces et le port du masque ».
« Pas viable »
« La distanciation sociale, c’est l’antithèse de ce que nous voulons faire, rassembler les gens. Et ouvrir les salles de spectacles avec une jauge dégradée [amputée de sa capacité, ndlr], ce n’est pas viable économiquement« , déplore encore Malika Séguineau.
Le Prodiss avait fait part de ses souhaits dans un communiqué publié avant l’intervention du Premier ministre : « la réouverture des salles de spectacle sans distanciation, le maintien du chômage partiel à taux plein jusqu’en août 2021 [date basée sur le calendrier accordé aux intermittents, ndlr] et au regard des pertes des entreprises du secteur, qui ne pourront être absorbées avant 2027, une aide structurelle massive de 250 millions d’euros au titre du plan de sauvegarde« .
« Plus de 50 % des entreprises du secteur sont en voie d’extinction et la perte de chiffres d’affaires pour les entreprises du secteur (salles, festivals, producteurs de spectacles) est estimée à 1,8 milliard d’euros », s’alarme encore le Prodiss.
« Les exploitants [de salles, ndlr] devront proposer et garantir des règles d’usage adapté », a par ailleurs souligné Édouard Philippe.
Pour Malika Séguineau, c’est faire peser la responsabilité juridique des réouvertures sur les exploitants, « or ce ne sont pas des experts sanitaires ». « C’est un peu du ‘débrouillez-vous’« , juge la responsable du Prodiss, qui attend les décrets prévus ce week-end pour avoir « des réponses à toutes [ses, ndlr] questions« .
« On trépigne »
« Il y a enfin une lumière au bout du tunnel, enfin on se dit qu’on va pouvoir rouvrir, refaire notre métier, même s’il y a encore des ambiguïtés… Car le 2 juin en zone verte, tous les théâtres peuvent ouvrir dans des conditions normales, où les spectateurs seront côte à côte ? Je ne pense pas », a commenté sur RTL Jean-Marc Dumontet, directeur de théâtres parisiens.
« Donc il y a des contraintes qu’on ne connaît pas », poursuit-il, même s’il veut retenir « un signal extrêmement fort, une impulsion ».
Il s’est même dit « ému en entendant le Premier ministre qui nous donnait des perspectives, on en a besoin, on trépigne ».
Pour les cinémas, la réouverture le 22 juin sera donc effective partout en France: « Les exploitants de cinéma eux-mêmes voulaient que la réouverture soit nationale de façon à pouvoir organiser la programmation des salles », a-t-il développé. Même si, là aussi, les conditions de cette réouverture et du respect de la distanciation restent à clarifier.
Les discothèques, en revanche, « dont l’essence même est de rassembler les gens dans un esprit festif, resteront fermées au public jusqu’au 21 juin au moins », a-t-il spécifié.
Konbini avec AFP












