Au Canada, un parent non-binaire obtient une carte de sécurité sociale sans mention de genre pour son bébé

Au Canada, un parent non-binaire obtient une carte de sécurité sociale sans mention de genre pour son bébé

Image :

@https://www.instagram.com/p/BHXnnuVDG1p/

Au Canada, un bébé de huit mois a désormais une carte de sécurité sociale ne spécifiant pas son genre. Une victoire pour son parent non-binaire, qui veut le laisser aussi libre de se définir que possible.

À voir aussi sur Konbini

Ce 3 juillet, on a appris qu’une carte de sécurité sociale d’un bébé de huit mois portant une mention inédite avait été délivrée au Canada, en Colombie-Britannique, une province de la côte ouest. Un simple “U” est indiqué dans la catégorie “sexe”, une lettre qui signifie “indéterminé” ou “non spécifié”. Cette mention a été apposée à la demande de l’un de ses parents, Kori Doty, qui a expliqué à CBC News qu’elle/il se définissait comme une personne trans non-binaire, c’est-à-dire qui ne s’identifie ni en tant qu’homme, ni en tant que femme. Le jeune parent demande désormais à ce que Searyl Atli, son bébé, ait un acte de naissance qui ne soit pas non plus genré. Le but est de laisser l’enfant être qui elle/il veut, et de ne pas lui faire vivre ce que son parent a traversé :

“Quand je suis né/e, les docteurs ont regardé mes parties génitales et fait des suppositions sur qui je serai. Ces attributions m’ont suivi/e moi et mes identifications toute ma vie. Ces suppositions étaient fausses, et en fin de compte, j’ai dû faire énormément d’’ajustements’ depuis.”

Pouvoir exprimer librement son identité de genre

Kori Doty considère donc que pouvoir définir soi-même son identité de genre quand on le souhaite évite le stress de devoir modifier celle assignée à la naissance. Pour elle/il, cette assignation représente une véritable violation des droits des enfants puisqu’elle les empêche de pouvoir exprimer librement leur identité de genre. Toujours selon CBC News, la province et le gouvernement fédéral ont d’ailleurs adopté des lois en début d’année, pour inclure “l’identité et l’expression de genre” dans le Code des droits de la personne.
Kori milite pour que ces droits soient effectifs, et est membre d’un groupe appelé la Gender-Free I.D. Coalition (“coalition de la carte d’identité sans genre”), qui réclame le droit d’enlever l’identification de genre des documents officiels. Le jeune parent et sept autres personnes ont d’ailleurs demandé au tribunal des Droits de la personne de Colombie-Britannique la possibilité de changer leurs actes de naissance. Le jeune parent espère ainsi éviter à son enfant toute démarche de ce genre :

“J’élève Searyl de façon à ce que, tant qu’elle/il ne sera pas conscient/e de son identité et ne maîtrisera pas le vocabulaire nécessaire pour me dire qui elle/il est, je la/le reconnaîtrai comme un bébé non-genré. J’essayerai de lui donner tout l’amour et le soutien nécessaire pour qu’il/elle puisse être la personne la plus complète possible, hors des restrictions qui accompagnent la boîte garçon et la boîte fille.”

Pour le moment, Searyl n’aurait pas encore d’acte de naissance à cause de cette question de genre à lui assigner, ce qui devrait être décidé lors de la révision judiciaire demandée par son parent.
Selon les journalistes du Telegraph, la Colombie-Britannique serait la première autorité publique à délivrer une carte officielle spécifiquement sans genre. Mais cela ne pourrait être que le début, puisque au moins deux autres provinces canadiennes, l’Ontario et l’Alberta, envisageraient désormais de proposer à leur tour la possibilité de documents officiels avec une catégorie non-binaire. Et tout comme le Pakistan, le Népal et l’Australie, le Canada travaillerait à concevoir des passeports inscrivant une nouvelle identité de genre.