Le village italien d’Amatrice porte plainte contre Charlie Hebdo

Le village italien d’Amatrice porte plainte contre Charlie Hebdo

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Par Sophie Tobin

Publié le

Le village d’Amatrice porte plainte contre le journal satirique pour “diffamation aggravée” après la publication, le mois dernier, de deux dessins sur le séisme qui l’a frappé.

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En Italie, 300 personnes ont trouvé la mort dans un terrible tremblement de terre le 24 août dernier. Le village le plus touché, Amatrice, porte plainte contre l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo pour leur dessin intitulé Séisme à l’italienne, signé Félix, qui représentait des blessés avec des noms de plats transalpins.

Séisme à l’italienne. (© Charlie Hebdo)

Cette publication avait  été avait soulevé une vague de réactions indignées, tant sur les réseaux sociaux que dans les médias italiens, et jusqu’au ministre italien de la Justice, qui avait déclaré :“Ces dessins sont répugnants.” Charlie Hebdo avait ensuite répondu à ces critiques par un autre dessin, cette fois signé Coco, montrant une femme sous les décombres. Celle-ci affirme : “Italiens, c’est pas Charlie Hebdo qui construit vos maisons, c’est la Mafia.

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La municipalité d’Amatrice a désormais décidé de porter plainte contre cette “insulte macabre, dénuée de sens et absurde envers les victimes“, selon les mots de Mario Cicchetti, l’avocat qui représente la ville. Le procureur local va enquêter sur ce cas de “diffamation aggravée“, afin de déterminer si des dommages et intérêts peuvent être demandés à Charlie Hebdo.

Même si les dessins ont été publiés en France, maître Cicchetti explique que l’affaire pourrait jugée en Italie où ils ont été largement repris et diffusés.

Invité mardi 13 septembre dans la matinale de France inter, Riss, directeur de la publication de Charlie Hebdo s’est exprimé sur cette affaire au micro de Léa Salamé (à voir dans la vidéo ci-dessous à 3’34) : “La plainte, on l’attend. […] Ça ne nous impressionne pas du tout, parce que des dessins comme ça […], on en a fait des dizaines et des dizaines. Pour nous, c’est un dessin d’humour noir, comme on en a fait avant, ça n’a rien d’extraordinaire.” 

Le dessinateur en a profité pour égratigner la tendance à l’emballement des réseaux sociaux, qu’il compare à “un hôpital psychiatrique à ciel ouvert”“les gens sont hystériques”. Mais il a surtout tenu à rappeler le point de vue des dessinateurs de Charlie sur l’humour et la mort :

“On ne se moque pas des morts, c’est de l’humour noir. […] La mort c’est toujours tabou […] il faut aussi parfois la transgresser.”

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet