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Affaire Weinstein : Marlène Schiappa recadre Franz-Olivier Giesbert

Affaire Weinstein : Marlène Schiappa recadre Franz-Olivier Giesbert

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Par Astrid Van Laer

Publié le

“Quand on est d’accord pour aller dans une chambre, ça ne veut pas dire qu’on est d’accord pour être violée !”

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Ce 27 mai, Franz-Olivier Giesbert était l’invité de l’émission de C8 Les Terriens du dimanche ! en même temps que la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

À propos de l’affaire Weinstein et du mouvement Me Too, l’éditorialiste a laissé sous-entendre que les actrices qui ont accusé le producteur américain d’agressions sexuelles et de viol auraient pu savoir ce qui allait leur arriver :

“Évidemment, quand on voit Julie Gayet, quand on voit Salma Hayek, on a envie d’aller avec, elles sont formidables. […] Ces grandes actrices, qui se présentent comme des femmes crucifiées, qui ont été violées par un type qui, comment dire… Quand on va, le soir, convoquée par Harvey Weinstein, qui est dans sa robe de chambre, on arrive, et puis on entre, et puis voilà, il ouvre sa robe de chambre, on sait très bien d’ailleurs pourquoi il vous convoque.”

Franz-Olivier Giesbert a ensuite divisé les femmes victimes d’agressions sexuelles en deux camps : les connues et les autres, accusant les actrices de pratiquer l’“entre-soi”.

“Donc, moi, je pense quand même que dans cette affaire-là, ils ont oublié les femmes de ménage, les caissières de la grande distribution, violées, persécutées, harcelées, puis qui finissent parfois par céder. Elles ne sont pas là. Ce sont elles, les belles actrices, qui seraient les victimes.”

“Il ne faut pas inverser la responsabilité”

Marlène Schiappa lui a répondu après l’intervention de la chroniqueuse Hapsatou Sy. “Quand on est d’accord pour aller dans une chambre, ça ne veut pas dire qu’on est d’accord pour être violée !” a-t-elle rétorqué, avant de poursuivre et de mettre les points sur les i :

“Ça, c’est la rhétorique qui vise à inverser la responsabilité, en disant de la victime qu’elle sait ce qui va lui arriver. Il ne faut pas inverser la responsabilité. Quand on va à un rendez-vous de travail dans une chambre, ça ne veut pas dire qu’on est d’accord pour être violée, quelle que soit l’heure, quelle que soit la tenue.”

Franz-Olivier Giesbert a ensuite continué à insister sur la personnalité de Harvey Weinstein : “Mais il avait une réputation épouvantable !”, laissant sous-entendre que les victimes “auraient dû savoir”.

L’actrice Asia Argento, qui avait pris la parole à Cannes pour accuser le producteur de l’avoir violée, a immédiatement posté un message sur Twitter pour répondre à ces propos :

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“Toutes les femmes, actrices ou non, violées par Weinstein ou des monstres inconnus, sont des survivantes et des sœurs. Alors que tous les hommes comme vous, Franz-Olivier Giesbert, qui tentent de sauver leur place dans la société du patriarcat en blâmant les victimes, sont juste des malades de gros enfoirés.”