À la fin du mandat de Hollande, les jeunes sont toujours au chômage

À la fin du mandat de Hollande, les jeunes sont toujours au chômage

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Par Virginie Cresci

Publié

Il y a cinq ans, le candidat Hollande faisait de la lutte contre le chômage des jeunes sa priorité. Aujourd’hui, malgré une légère amélioration des chiffres selon l’Insee, les jeunes peinent encore et toujours à trouver un emploi.

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« J’inversai la courbe : le chômage n’est pas une fatalité », avait déclaré le candidat Hollande, dans une interview au Journal du dimanche le 15 avril 2012. Dix jours après, lors d’une conférence de presse, il réitère son engagement et ajoute: « J’accepterai d’être jugé sur cette promesse. » Presque cinq ans plus tard, l’engagement est loin d’être tenu. Celui qui s’était fait le candidat des jeunes en 2012 – clamant haut et fort lors de son fameux discours au Bourget « c’est pour la jeunesse de notre pays que je veux présider la France » – n’aura définitivement pas tenu ses promesses.

Ce jeudi 16 février, l’Insee annonce une baisse du chômage de 0,2 point sur le dernier trimestre de 2016, soit 10 % de la population active. Au total, l’institut de statistique comptabilise 2,78 millions de demandeurs d’emploi dans l’Hexagone, sur les trois derniers mois de 2016. Une légère baisse due aux jeunes de moins de 25 ans, qui ont davantage trouvé sur la fin de l’année dernière : leur taux de chômage a baissé de 1,7 % pour atteindre 23,3 %.

Une baisse significative depuis 2012, lorsque 25,7 % des actifs entre 15 et 24 ans étaient au chômage, mais largement insuffisante, les jeunes restant la catégorie de population la plus touchée par ce fléau. Ils sont 13 % de plus que l’ensemble des Français à ne pas trouver d’emploi. Sans compter les 1,5 million de personnes inactives qui souhaitent trouver un emploi et ne sont pas comptées comme chômeurs. « Elles constituent le halo autour du chômage », indique l’Insee.

Génération sans emploi

Parmi elles, beaucoup de jeunes diplômés qui ne rentrent pas dans les critères du Bureau international du travail. Sont comptés comme chômeurs uniquement ceux qui sont inscrits au Pôle emploi. Une démarche que ne font pas forcément les personnes n’étant pas éligibles à l’allocation chômage.

Pour toucher une aide financière du Pôle emploi (appelée « Aide de retour à l’emploi), il faut justifier de 610 heures de travail au cours des 28 derniers mois pour les moins de 50 ans. Les stages ne rentrant pas en compte, il faut avoir exercé un job étudiant à hauteur d’environ 35 heures par semaine sur un an et demi pour être éligible, chose quasi impossible quand on suit des études.

Un phénomène mondial et largement sous-estimé d’après le journal anglais The Economist, qui parle d’une « génération sans emploi ». Si la France n’est pas la seule à être touchée par ce fléau, elle reste plutôt mauvaise élève. Il y a dix mois, François Hollande minimisait le chômage des jeunes affirmant qu’il se situe sous celui de autres pays européens. Ce qui est faux, puisque comme on l’a appris cet été lors de la Journée internationale de la jeunesse, la France affiche un taux de chômage plus élevé que la moyenne de l’Union européenne (19,4 %), se classant à la quatrième position derrière l’Espagne, la Belgique et l’Allemagne.

L’échec du gouvernement

Face à l’absence de résultats de sa politique et un chômage des jeunes en constante augmentation depuis son élection, François Hollande a cédé en 2015 à ce que l’on appelle « l’emploi aidé ». Un contrat aidé qu’est-ce que c’est ? C’est un emploi subventionné par l’État, réservé à des jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas diplômés, et le plus souvent destiné aux associations ou collectivités publiques. Dans le secteur privé, s’ajoutent les contrats d’apprentissage et les primes pour encourager les entreprises à embaucher des jeunes.

Ces dispositifs ont souvent été taxés de « traitement social du chômage » par certains économistes. En août dernier, un peu plus d’un quart des moins des moins de 26 ans bénéficiaient d’un contrat aidé (27,5 %), soit le pallier le plus élevé depuis 2002. Les contrats d’apprentissage et de professionnalisation représentent plus de 50 % des politiques d’emplois destinées aux jeunes actifs.

Il y a aussi les emplois d’avenir, réservés aux jeunes de 16 à 25 ans, sans qualifications ni diplômes. Début 2016, ils étaient 120 000 a être concernés. Même s’il existe d’autres dispositifs tels que le contrat de génération, censé favoriser l’emploi des jeunes et des seniors en même temps (l’une des mesure phare du quinquennat Hollande), ils ne sont que 40 000, entre 2012 et 2015, à avoir signé ce contrat peu prisé par les entreprises.

La lutte contre le chômage priorité des jeunes

Pour sa part, la loi Travail récemment promulguée a mis en place une « garantie jeunes », une allocation mensuelle de 461 euros pendant un an, accessible sous conditions de ressources, censée favoriser la formation et le retour à l’emploi. Soit sans langue de bois, une sorte de RSA auquel les jeunes, même les plus démunis, n’ont actuellement pas le droit.

Des mesures qui visent à cacher la plaie plutôt que de la panser. « La loi Travail ne réduira pas le chômage », a affirmé l’économiste Thomas Piketty, s’exprimant sur le chômage des jeunes. Une augmentation serait due à « une erreur monumentale de la politique économique conduite à la fin de Sarkozy et au début de Hollande », assure l’économiste qui a récemment rejoint l’équipe de Benoît Hamon, l’ancien leader du Mouvement des jeunes socialistes et aujourd’hui « candidat des jeunes » à la présidentielle de 2017.

Un enjeu dont devra se saisir le futur président de la République. Selon un récent sondage OpinionWay, 70 % des jeunes interrogés sur « le président idéal » désignent la lutte contre le chômage comme l’action prioritaire à mener en direction de la jeunesse.