À Amiens, Marine Le Pen et Emmanuel Macron se disputent les ouvriers de Whirlpool

À Amiens, Marine Le Pen et Emmanuel Macron se disputent les ouvriers de Whirlpool

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Par Astrid Van Laer

Publié le

Le dossier Whirlpool est un sujet brûlant. 286 salariés menacés de licenciement ont assisté aujourd’hui mercredi 26 avril à un spectacle médiatique atterrant, et nous aussi.

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L’entreprise américaine de fabrication d’appareils électroménagers Whirlpool menace de délocaliser sa production en Pologne. À Amiens, 286 salariés, qu’on pouvait déjà qualifier de rescapés, puisqu’ils étaient 1 300 en 2002, risquent de perdre leur emploi d’ici à 2018. Comme l’usine d’ArcelorMittal de Florange le fut en 2012, le site Whirlpool d’Amiens est en passe de devenir l’étendard d’une France industrielle à l’agonie, qui suffoque, et que les candidats à l’élection présidentielle se disputent avec frénésie. À dix jours du second tour, il fait bon se montrer avec des salariés menacés et les deux gagnants du premier tour se sont donc disputé le dossier par caméra interposée.

Lors de L’Émission politique de France 2 le 6 avril, le réalisateur de Merci patron !, François Ruffin, avait reproché au candidat d’En marche ! un “silence assourdissant” face au dossier de l’usine Whirlpool. Trois semaines plus tard, mercredi 26 avril au matin, Emmanuel Macron a rencontré le syndicat de l’entreprise en question, dans une salle de la Chambre de commerce et d’industrie d’Amiens, à quelques kilomètres des salariés en grève. Apprenant la nouvelle et voulant s’ériger en “candidate du peuple”, son opposante Marine Le Pen s’est immédiatement rendue devant l’usine afin de discuter avec les salariés et de contrecarrer les plans du candidat d’En Marche !.

La candidate du Front national (FN) a immédiatement tourné à son avantage cet épisode, déclarant : “Je suis là au côté de salariés, sur le parking, pas dans des restaurants amiénois.” Ce à quoi Emmanuel Macron a répondu : “Madame Le Pen est venue à Amiens car j’y venais. Bienvenue à elle.” Une guerre de communication entre les deux candidats si peu subtile qu’elle ne pouvait passer inaperçue. En témoignent leurs publications sur Twitter et les mentions qui les accompagnent.

Au même moment, tombant comme un cheveu sur la soupe, Jacques Attali, soutien d’Emmanuel Macron, a qualifié Whirlpool d’“anecdote”, du pain bénit pour la candidate du FN, qui a indiqué qu’avec elle, “l’usine ne fermera pas” et a fustigé la remarque de l’économiste. Sur la troisième photo ci-dessous, le grand sourire de Marine Le Pen à côté d’une femme en pleurs interpelle, a quelque chose d’indécent.

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Quant à Emmanuel Macron, il a lui aussi tenté de rabaisser sa concurrente, venue après qu’elle a appris le déplacement de l’ancien ministre de l’Économie à Amiens :

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Du côté d’Emmanuel Macron, les sifflets ont peu à peu laissé place à un climat apaisé et le candidat est reparti après avoir passé de nombreuses minutes à dialoguer avec les employés. Mais malgré ces échanges avec les salariés qui ont bel et bien eu lieu des deux côtés, il n’en reste pas moins que dans cette guéguerre médiatique, la forme a clairement primé sur le fond, rendant la situation en direct inaudible. Entre le Front national et En marche !, c’est à qui draguera au mieux les oubliés, mais attention, toujours en direct sur BFM TV.