Souvenirs, souvenirs : on a compilé les pires transferts de l’histoire du mercato d’hiver

Publié le par Tidiany M'Bo,

Photo by GABRIEL BOUYS / AFP

Changer d’air en janvier quand les choses ne tournent pas rond ? C’est tentant mais rarement judicieux. La preuve…

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Moment excitant pour les suiveurs du ballon, avec tout ce qu’il peut générer d’espoir notamment du côté des supporters, le mercato hivernal s’apparente pourtant souvent à une flopée de mauvais coups, pour les joueurs comme pour les clubs. Cependant, et alors que ces transferts sont bien souvent conclus à la hâte, ce mercato a plus souvent offert de mauvaises surprises que de bonnes. Du coup, on avait largement de quoi vous faire une liste non exhaustive de ces ratés du mois de janvier, dont certains sont restés dans les mémoires (et d’autres un peu moins).

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Stefano Torrisi à l’OM (2002)

C’est précédé d’une réputation plutôt flatteuse que le défenseur italien débarque en janvier 2002. Bologne, l’Atlético Madrid, Parme… Torrisi compte même une petite sélection avec la Squadra Azzura (en 1997). Mais l’âge d’or semble loin pour celui qui était alors recommandé par Alain Boghossian, son ancien coéquipier à Parme : sur le flanc depuis plusieurs mois à cause d’une blessure au genou et suspendu pour dopage à la nandrolone, Torrisi déboule à Marseille après neuf mois sans aucun match. Et l’expérience va tourner court, le temps d’offrir à son nouveau public une masterclass restée dans les mémoires face à Nantes, avec un doublé contre son camp. “À ce moment-là, j’étais nul, c’est tout. Il n’y a pas d’autre façon de le dire”, admettra-t-il quelques années plus tard dans les colonnes de So Foot. Deux petits matches au total.

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Éverton Santos au PSG (2008)

Engagés dans une saison bourbier, le PSG et son directeur sportif Alain Roche pensent flairer la bonne affaire lorsqu’ils recrutent, sur les conseils de Valdo, deux joueurs brésiliens relativement méconnus : Willamis Souza et Éverton Santos. Si le premier laisse un souvenir mitigé, le deuxième figure carrément au Panthéon des flops du club parisien toutes époques confondues. Surnommé Jean-Claude Robignaud par ses coéquipiers après une poignée d’entraînements, Éverton ne jouera finalement que trois petits matches (cinq minutes en Ligue 1) avec Paris avant de poursuivre sa carrière sous d’autres cieux, enchaînant pas moins de 16 transferts ou prêts au Brésil, en Inde ou en Corée du Sud.

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Andy Carroll à Liverpool (2011)

Remplacer Fernando Torres, la mission était ardue mais pas impossible pour Andy Carroll, attaquant en vogue du championnat anglais et auteur de 33 buts en 91 matches avec Newcastle, lorsque Liverpool pose 40 millions d’euros pour en faire le successeur de l’Espagnol, parti à Chelsea. Mais à une époque où les Reds collectionnent les flops en matière de transfert plus que les trophées, la greffe ne prendra pas. En cause notamment, un professionnalisme et une implication un peu légers de la part du joueur, et ce dès les premiers instants de sa nouvelle vie. “Quand j’étais dans l’hélicoptère pour Liverpool, je me disais : ‘Je connais Stevie G, je connais Carragher, mais qui d’autre ?’ Mon agent d’alors avait dû me donner des noms, et j’avais dû aller sur Google pour en apprendre un peu plus sur l’équipe”. Il sera prêté puis vendu à West Ham moins de deux ans après son arrivée dans la Mersey.

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Kostas Mitroglou à Fulham (2014)

Avant de rendre fous les supporters de l’OM, l’attaquant grec s’était déjà distingué par un transfert raté : c’était à Fulham, qui avait alors déboursé 15 millions d’euros en pensant avoir réalisé la belle affaire. Et pour cause, avant d’arriver en janvier, Mitroglou brillait sous les couleurs de l’Olympiakos, avec 16 buts en championnat grec et trois en Ligue des champions lors des six premiers mois. Mais à Londres, c’est l’échec, avec trois petits matches, une seule titularisation pour zéro but, et un retour au Pirée sept mois après. Mitroglou se relancera en Grèce avant de briller sous les couleurs du Benfica. La suite, on la connaît…

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Nicolas Anelka à la Juventus (2013)

Après la France, l’Angleterre, l’Espagne, la Turquie et la Chine, Nicolas Anelka découvre un nouveau championnat en 2013 lorsqu’il signe à la Juventus au mois de janvier, après une expérience d’un an à Shanghai où il aura même occupé le rôle d’entraîneur-joueur. Mais sous les ordres d’Antonio Conte, le Français est très peu utilisé : trois petites apparitions avec les Bianconeri pour aucun but. Dans un entretien à Tutto Juve quelques années plus tard, il admettra que cette expérience s’est avérée être “la pire de [sa] vie”. “J’ai accepté l’offre parce qu’il s’agissait d’un club historique, mais je n’ai joué que 45 minutes et je n’ai jamais fait mon apparition à domicile, devant nos supporters. À chaque fois que quelqu’un me parle de la Juventus, j’essaye de vite changer de sujet parce que j’ai honte de parler de ça”. Il rebondira quelques mois plus tard à West Bromwich Albion, avant de finir sa carrière en Inde en 2015.

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Alexis Sanchez à Manchester United (2018)

En 2018, Alexis Sanchez figure parmi les meilleurs joueurs de Premier League, et c’est peu dire qu’il porte sur ses épaules une équipe d’Arsenal déjà sur le déclin. Alors, fort de ses 80 buts en trois saisons et demie sous les couleurs des Gunners, le Chilien n’hésite pas lorsque Manchester United se présente, avec une enveloppe de 35 millions d’euros, pour convaincre les Gunners de le lâcher à six mois de la fin de son contrat. Mais le déménagement de l’Emirates à Old Trafford s’avère peu convaincant pour l’ancien du Barça : 45 matches et cinq petits buts plus tard, Sanchez prend la direction de l’Inter Milan sous la forme d’un prêt avant de résilier son contrat avec United et de rallier définitivement la Lombardie.

Philippe Coutinho au Barça (2018)

Sans aucun doute le plus grand raté de l’histoire du foot en matière de transfert, pour tout ce qu’il a impliqué en termes de symbolique et de montants. Car ce Barça encore groggy du départ de Neymar quelques mois plus tôt, et qui va casser sa tirelire (140 millions d’euros, hors bonus) pour attirer Philippe Coutinho, alors au sommet de son art sous les couleurs de Liverpool, va traîner longtemps cette erreur de casting. Non seulement Coutinho ne parvient pas à s’imposer en Catalogne, donnant à ce transfert des allures d’accident industriel. Mais en plus, lorsque le club parvient à le céder en prêt au Bayern en 2020, le Brésilien lui inscrit un doublé lors de la défaite historique contre les Bavarois en quart de finale de Ligue des champions (8-2). Une opération perdant-perdant, puisque le club traîne encore comme un boulet cette gestion financière et que le joueur est en quête de rebond du côté d’Aston Villa.

Naldo à Monaco (2019)

Comme quoi, on peut s’appeler Ronaldo et pour autant connaître des moments sombres en tant que footballeur. Lorsqu’il arrive à Monaco en janvier 2019, Naldo est un défenseur respecté et respectable : 14 saisons de Bundesliga, une relative stabilité avec “seulement” trois clubs (Werder, Wolfsburg, Schalke 04) et même quatre petites capes avec la Seleçao. Du haut de ses 36 ans, il apparaît comme un renfort crédible pour une équipe de Monaco alors en grande difficulté qui se bat pour le maintien en Ligue 1 sous les ordres de Thierry Henry. Mais loin d’afficher la sérénité attendue, Naldo se noie comme les autres. Il devient même le premier joueur de l’histoire du championnat de France à prendre deux cartons rouges lors de ses trois premiers matches. Un an et neuf rencontres plus tard, il quitte la Principauté.

Nico Gaitan au LOSC (2020)

Brillant sous les couleurs de Benfica entre 2010 et 2016 avant de rejoindre l’Atlético de Madrid de Diego Simeone, sans s’y imposer, l’international argentin arrive à Lille durant l’hiver 2020 pour se relancer après s’être perdu en Chine puis aux États-Unis. Pari perdu pour Luis Campos et Christophe Galtier, puisque Gaitan n’apparaîtra sous les couleurs nordistes qu’à quatre reprises (aucun but) avant l’interruption due à la crise sanitaire. Sans avoir laissé aucun souvenir aux habitués du stade Pierre-Mauroy.