On a assisté à notre premier match NFL : quand l’Amérique fait son show à Munich

Publié le par Abdallah Soidri,

© Konbini

La NFL a organisé pour la première fois un match de saison régulière en Allemagne, à Munich. Un événement dans ce pays où le football américain jouit d’une grande popularité.

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La NFL clôturait sa série de quatre matches en Europe avec une ultime rencontre en Allemagne, une première dans ce pays qui en pince fort pour le football américain, au point d’en être le premier marché sur le Vieux continent. Pour cette première rencontre sur le sol allemand, la Ligue a choisi l’Allianz Arena, l’antre habituel du Bayern Munich, pour accueillir l’affiche entre les Tampa Bay Buccaneers de Tom Brady et les Seattle Seahawks et ses rookies prometteurs.

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Un duel alléchant sur le papier qui a mobilisé 68 100 spectateurs dans un stade plein à craquer. Pour une fois, on n’était pas devant notre télévision pour regarder ce match, mais en direct de l’écrin munichois. On vous raconte.

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Munich, c’est l’Amérique

Trois heures avant le coup d’envoi prévu à 15 h 30, les abords du stade sont déjà noirs de monde. Ici, pas de tailgate comme aux États-Unis, avec les barbecues prêts depuis 9 heures du matin et les caravanes garées sur le parking du stade, mais une foule venue en masse assister à ce match historique. Pour l’occasion, les fans ont revêtu leur plus bel outfit : un maillot de football américain. Si celui des Seahawks, franchise très populaire en Allemagne, est le plus représenté — suivi du numéro 12 de Tom Brady —, il n’est pas rare de voir des tuniques d’autres équipes dans la foule. “C’est comme aller voir un PSG-OM et porter le maillot du RC Lens”, ironise Léo Sarteel, receveur pour l’équipe de football américain des Black Panthers de Thonon et présent au match.

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Pas le genre de scène qu’on imaginerait devant le Parc des Princes ou le Stade Vélodrome en marge d’un “Classique”. Nos voisins d’outre-Rhin seraient-ils des américano-footix ? Pas du tout. Au-delà de la rencontre, c’est une expérience et un show NFL (de près de 3 heures, tout de même) que les Allemands, majoritaires parmi les spectateurs, sont venus voir. Ils ont été servis.

Les drapeaux américains et allemands tenus par des militaires. © Konbini

Avant l’entrée des deux équipes, nous avons droit à une mise en scène calibrée pour faire monter la sauce. Un miniconcert d’avant-match avec un artiste local pour l’entertainment ; un hommage militaire, des drapeaux américains et allemands géants et l’interprétation des hymnes nationaux pour la touche patriotique. Il n’y a pas de doute, l’Amérique est à Munich.

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Frissons garantis

Pour ce qui est de l’ambiance dans les tribunes, on est assez loin de ce qu’on a l’habitude de voir lors d’un match de foot européen. Si le public nous donne des frissons en interprétant à l’unisson “Take Me Home, Country Roads” de John Denver et “Sweet Caroline” de Neil Diamond en fin de rencontre (au point d’impressionner Tom Brady), on ne sent pas une ferveur de tous les instants. On est loin du “Mur jaune” du Borussia Dortmund, à titre de comparaison.

Qu’à cela ne tienne. Les supporters des Seahawks et les admirateurs de Tom Brady — facilement les deux plus gros contingents de supporters présents au match — donnent tout de même de la voix (plus pour siffler l’équipe adverse qu’encourager la leur) entre deux jingles musicaux, majoritairement à base de tubes rap — ça va de Kendrick Lamar à 50 Cent en passant par Meek Mill et Fat Joe.

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Tom Brady décisif

Sur la pelouse, la machine sportive met du temps à se mettre en route. Des deux côtés. Il faut attendre le début du deuxième quart-temps pour voir les Buccaneers (enfin) marquer les premiers points : un touchdown de Julio Jones sur une passe de l’inévitable Tom Brady. S’ensuit quelques minutes plus tard un second “TD”, signé Leonard Fournette, avec toujours le quarterback de 45 ans dans le rôle du distributeur de caviar.

Une double séquence qui a le mérite de nous réchauffer alors que le mercure affiche moins de 10 degrés. Autant dire que dans ce froid, vivre un quart-temps supplémentaire sans point marqué nous aurait transformés en glaçon. Heureusement pour nous, il n’en fut rien.

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Groupe de supporters allemands des Seattle Seahawks. © Konbini

Dans le 3e quart-temps, les Seahawks réagissent timidement. Il faut attendre la période suivante pour les voir enfin se réveiller. Une interception clé et deux touchdowns relancent le match. Croit-on. Derrière, Tom Brady et ses coéquipiers enterrent les derniers espoirs de remontada adverses pour s’adjuger la victoire (21-16), pourtant loin d’être acquise avant la rencontre compte tenu des dynamiques opposées des deux équipes.

Et quand on sait qu’il s’agit probablement du dernier match à l’étranger du septuple vainqueur du Super Bowl, ce succès en terre allemande prend une tournure symbolique et historique. Le genre de storytelling dont la NFL et l’Amérique raffolent et qui sied si bien à Tom Brady.