Qui est Nadia Nadim, la nouvelle joueuse du PSG qui a échappé aux Talibans à l’âge de 12 ans ?

Publié le par Sacha Dahan,

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La nouvelle recrue du PSG féminin. 
À l’été 2017, Manchester City faisait parler en recrutant Nadia Nadim, finaliste du dernier Euro avec le Danemark. Une joueuse atypique, recrue hivernale du PSG, qui possède un parcours hors du commun, présenté par les Citizens sur leurs réseaux sociaux à l’époque.

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Quitter les menaces d’exécution

Aujourd’hui joueuse de la sélection danoise, c’est pourtant à plus de 7 000 kilomètres du pays de Christian Eriksen que Nadim voit le jour. Née en Afghanistan, elle se découvre très tôt une passion, développée sur la pelouse du jardin familial : le football, qu’elle pratique dès le plus jeune âge avec ses quatre sœurs. Pourtant, derrière les rêves de ballon se cache une réalité douloureuse. Le pays est miné par des mesures coercitives à l’encontre des femmes, évidemment interdites de jouer au football sous peine d’être lapidées. Mais surtout, l’arrivée au pouvoir des talibans en 1996 met sérieusement la vie de la famille en danger, jusqu’à provoquer l’inévitable : Rabani, le père de Nadim est exécuté en 2000 alors qu’il est encore général de l’armée nationale afghane. À seulement 12 ans, Nadia doit alors fuir le plus vite possible, tout comme sa mère Hamida et ses quatre sœurs.
Les choix ne sont pas immenses, et la réflexion courte : Hamida connaît de la famille à Londres et toute destination est bonne à prendre, tant que les menaces d’exécution ne planent pas au-dessus de leurs têtes. Mais après un long périple, parfois à bord d’un camion de marchandises, elle décide de s’arrêter définitivement au Danemark. Il lui faudra passer par plusieurs camps de réfugiés et écumer quelques villes du pays pour enfin s’installer à Aalborg. C’est là que Nadia découvre le foot en club avec ses sœurs, dans l’équipe locale de Gug Boldklub. Pour la première vraie rencontre de sa vie, elle plante un triplé… alors qu’elle joue au poste de défenseur central.

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Neuf langues parlées et un rêve de chirurgienne

Son immense talent fait le reste. Au Danemark, elle se fait un nom, et se voit récompensée par une place en sélection nationale. 74 capes et 22 buts plus tard, elle rentre dans l’histoire du pays : personne avant elle, hommes et femmes confondus, n’a porté le maillot danois en étant né à l’étranger. Aujourd’hui, elle est un pilier de la sélection, et a même ouvert le score en finale du dernier Euro féminin, perdue 4-2 face aux Pays-Bas.
Mais c’est hors des terrains qu’elle suscite l’admiration, et qu’elle se construit un sacré CV. Amoureuse de médecine depuis son arrivée à Aarhus à 18 ans, elle suit actuellement des cours à l’université pour devenir chirurgienne, et parle neuf langues : le danois, l’anglais, l’ourdou, le hindi, l’allemand, le perse, le dari, l’arabe et le français. Solide. Et avec son projet de monter une école de football dans la tête, Nadia Nadim a définitivement tout pour porter le costume de symbole pour toutes les jeunes filles d’Afghanistan.

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