La CAN à la maison : on a regardé Sénégal-Burkina Faso dans un restaurant sénégalais

Publié le par Abdallah Soidri,

© Konbini Sports

On était chez Yakalma, restaurant sénégalais à Sartrouville, pour regarder la demi-finale de la CAN du Sénégal face au Burkina Faso.

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En langue wolof, “yakalma” signifie “convivialité”, “hospitalité”. C’est aussi le nom du restaurant de cuisine sénégalaise de Cheikh, à Sartrouville (Yvelines). Avec un tel nom, c’était presque une obligation pour les lieux d’accueillir du public lors des matches du Sénégal à la CAN. Depuis le début de la compétition, l’établissement ouvert il y a un an a diffusé toutes les rencontres des Lions de la Teranga et la demi-finale face au Burkina Faso ne fait pas exception.

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Une ambiance détendue

À notre arrivée sur place vers 19 h 30, l’ambiance est bon enfant et la salle quasi pleine. Malgré l’enjeu du match, pas de stress chez les supporters sénégalais présents. Mais cette atmosphère relax ne fait pas que des heureux. Accoudé au comptoir, Mohamed, hoodie rose et bonnet noir, est inquiet. “Le Sénégal est trop confiant, trop détendu”, craint-il, en regardant les images de BeIn Sport sur l’une des deux télés du restaurant.

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Pour ce supporter venu de l’autre bout de l’Île-de-France — de Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne) —, rien n’est joué d’avance pour les Lions de la Teranga, favoris avant le coup d’envoi. “Quand on arrive à ce stade de la compétition, la chance joue aussi”, avance-t-il. Une analyse et un pessimisme que ne partage pas Malik, l’autoproclamé griot de la soirée. Avec son maillot vert et son instrument de musique, celui qui ambiancera le restaurant toute la soirée voit le Sénégal s’imposer facilement 2-0.

Spectacle sur le terrain et dans l’assiette

La première période va plutôt donner raison à Mohamed, notre voisin de table et consultant tout au long de la soirée. Si Sadio Mané et ses partenaires jouent bien, le Burkina Faso n’est pas en reste. Les deux équipes nous offrent un spectacle appréciable, mais pas à la hauteur du mafé poulet qui nous est servi.

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À la mi-temps, les deux équipes rentrent au vestiaire sur un score nul (0-0). C’est l’heure du show de Malik. Le griot multiplie les chansons et les traits d’humour, le public est conquis. Il n’a pas fini ses envolées lyriques que la deuxième période débute. Le temps défile et aucune des deux sélections n’a encore marqué. “C’est tendu, on dirait une finale”, analyse Mohamed, toujours le ventre vide. “Quand je regarde du foot, je ne peux pas manger”, nous explique-t-il.

Mané libère tout un peuple

Au bout de 70 minutes de jeu, le sort de la rencontre se joue en un gros quart d’heure. Abdou Diallo puis Bamba Dieng marquent à 6 minutes d’intervalle pour le Sénégal. L’axe PSG-OM permet aux Lions de la Teranga de faire un grand pas vers une seconde finale de CAN consécutive. Sur chacune de ces réalisations, la salle exulte, des clients au propriétaire du restaurant qui se renverse de l’eau sur la tête. Sur le second but, Malik se retourne vers nous en faisant le signe “2” avec ses doigts, comme son pronostic d’avant-match.

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Mais le griot ne va jubiler longtemps. À la 82e, le Burkina Faso réduit l’écart. Un vent d’inquiétude traverse la salle. “C’est le pire moment pour encaisser un but”, fulmine notre consultant d’un soir. En face de lui, une dame retient son souffle à chaque attaque burkinabé. “Il faut que tout le monde descende défendre”, lâche-t-elle. À peine a-t-elle fini sa phrase que Sadio Mané, parti seul en contre-attaque, remporte son face-à-face avec le gardien adverse et libère définitivement le peuple sénégalais, qui verra ce dimanche son équipe se battre pour un premier titre de champions d’Afrique.

“Le match que le monde du football veut voir”

Dans l’euphorie de la qualification, Cheikh a une grande nouvelle à annoncer à la soixantaine de convives : “On a réservé une salle [pour regarder le match] dimanche. Ça va être une dinguerie, promet-il. On fêtera la victoire jusqu’à 5 heures du matin, inchaAllah [“si Dieu le veut”, ndlr].”

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Reste à savoir face à qui le Sénégal jouera cette finale, entre le Cameroun et l’Égypte qui s’affrontent ce jeudi. Le propriétaire de Yakalma a sa préférence : le Cameroun, “pour une revanche de 2002 [finale, ndlr] et de 2017 [quart de finale, ndlr]”. Quitte à choisir, Mohamed aimerait éviter le pays organisateur, “toujours très compliqué”. Affronter l’Égypte aurait l’avantage d’offrir un duel de superstars entre Sadio Mané et Mohamed Salah, coéquipiers à Liverpool. “Le match que le monde du football veut voir.”