Sa vie était entourée de mystère : 5 choses à savoir sur le peintre Vermeer

Publié le par Konbini avec AFP,

© Johannes Vermeer/Mauritshuis

Longtemps resté dans l’ombre, Vermeer a mené une vie discrète pleine de mystère.

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Lui-même n’avait jamais vu autant de ses tableaux rassemblés : 28 toiles du peintre néerlandais Johannes Vermeer, soit la plupart de ses œuvres, sont exposées au Rijksmuseum d’Amsterdam, un événement inédit. L’artiste, auteur de toiles mondialement connues dont La Laitière et La Jeune Fille à la perle, n’a pas peint beaucoup de tableaux, environ 35, et peu de choses sont connues sur sa courte vie (1632-1675).

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Le musée a réussi à rassembler plus de trois quarts de son œuvre, faisant de l’exposition la plus grande rétrospective jamais dédiée au peintre du siècle d’or néerlandais. “Jamais dans l’histoire, 28 tableaux de Vermeer n’ont été rassemblés”, déclare à l’AFP Taco Dibbits, directeur général du Rijksmuseum, lors d’une visite en avant-première. “Il n’en a même pas vu autant ensemble lui-même”, ajoute-t-il.

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Célèbres pour leur luminosité, les 28 toiles brilleront sur les murs sombres des galeries du Rijksmuseum le temps de l’exposition, du 10 février au 4 juin 2023, prêtées par des musées et collections à travers le monde. “Ce sont des retrouvailles très heureuses”, note M. Dibbits, dont le musée a déjà vendu 200 000 billets, du jamais-vu pour une seule exposition.

Une partie de la fascination pour Vermeer provient du mystère qui l’entourait. On connaît finalement assez peu de choses sur sa vie et son travail a longtemps langui dans l’obscurité par rapport à d’autres maîtres du siècle d’or néerlandais comme Rembrandt. Ses œuvres ont véritablement été révélées au XIXe siècle. Voici donc cinq choses à savoir sur Vermeer.

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On l’appelait le “Sphinx de Delft”

On connaît finalement assez peu de choses sur la (courte) vie du Néerlandais. D’où son surnom de “Sphinx de Delft”. Né en 1632 dans cette cité hollandaise proche de La Haye, il meurt à 43 ans. Il grandit dans une famille calviniste de commerçant·e·s moyens, avec un père instable et farfelu qui mène parallèlement une carrière de marchand d’art.

Converti au catholicisme, il épouse Catharina, une femme aisée avec qui il a 11 enfants. Comme son père, c’est aussi un marchand d’art et un expert réputé et, comme son père, il meurt criblé de dettes. Sa veuve donnera en gage au boulanger deux de ses toiles pour garantir une énorme dette de 726 florins. L’équivalent de deux à trois ans de pain…

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Il est longtemps resté dans l’ombre

Il jouit de son vivant d’une réputation d’artiste novateur et de la protection de riches commanditaires. Mais, hormis auprès de quelques collectionneurs éclairés, l’essentiel de son œuvre tombe vite dans l’oubli après sa mort.

Il faut attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour qu’il soit redécouvert, grâce au critique d’art et journaliste français Théophile Thoré-Burger. On assiste dès lors à une véritable chasse aux (rares) œuvres de l’artiste, qui s’impose au XXe siècle comme l’un des peintres majeurs de l’histoire de l’art.

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Seule une trentaine de ses tableaux a été complètement authentifiée

Attirés par cette nouvelle célébrité, les faussaires s’en donnent à cœur joie. Les “faux Vermeer” se multiplient… D’autant que plusieurs de ses toiles ont disparu au cours des siècles et qu’on manque de connaissances sur cet artiste qui, fait rare, n’a laissé aucun croquis ni esquisse.

Aujourd’hui, seule une bonne trentaine de tableaux lui sont attribués avec certitude et les débats font rage sur certains. C’est le cas de La Jeune fille à la flûte, exposée à Amsterdam. Elle a été prêtée par la National Gallery of Art de Washington mais le musée a récemment conclu, après expertise, que l’œuvre a été “plus probablement peinte par un associé de l’atelier de Vermeer” que Vermeer lui-même. Le Rijksmuseum a choisi de la laisser attribuée à Vermeer et de la maintenir dans sa rétrospective, affirmant être parvenu à une conclusion différente sur la base d’informations partagées.

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Il s’aidait d’une chambre noire pour peindre

On reconnaît les toiles de Vermeer à leurs perspectives sans défaut, d’autant plus étonnantes que l’artiste ne s’aidait d’aucune ligne guide ni d’étude préparatoire. Selon une biographie récente, l’ex-protestant est formé à cette technique de la camera obscura – permettant de projeter la lumière reflétée par des objets sur une surface plane – par des prêtres jésuites dont l’église clandestine jouxte sa maison.

La chambre noire, considérée par les jésuites comme un outil d’observation de la lumière divine, lui permet cette mise au point sur un élément essentiel du tableau, comme le fil de La Dentellière par exemple, alors que d’autres zones sont volontairement floues.

Il a inspiré des générations de peintres, d’auteur·rice·s et de cinéastes

En conquérant la célébrité au tournant du XXe siècle, Vermeer fait aussi l’unanimité auprès des artistes, dans la littérature comme dans la peinture, puis le cinéma. Renoir se pâme devant La Dentellière, dont Dalí propose sa propre version. Van Gogh loue “la palette de cet étrange peintre”. Et Vue de Delft, décrit par Proust comme “le plus beau tableau du monde” est, à en croire Pissarro, “un chef-d’œuvre qui se rapproche des impressionnistes”.

Un tableau du maître hollandais est le mobile du crime dans l’un des romans d’Agatha Christie tandis qu’un épisode de la série Sherlock a comme sujet la découverte d’une de ses toiles inconnues. Vermeer a également inspiré un livre pour enfants et une marque française de produits laitiers.

L’accession de Vermeer au statut de mégastar coïncide avec la publication en 1999 du roman historique La Jeune Fille à la perle de Tracy Chevalier, inspiré du tableau du grand maître. Le livre a également donné naissance à un film hollywoodien en 2003 avec Scarlett Johansson et Colin Firth.