On a classé (objectivement) tous les albums des Red Hot Chili Peppers

Publié le par Arthur Cios,

Alors que le groupe sort son deuxième album de l’année (!) avec Return of the Dream Canteen, toujours avec le grand Frusciante, on a tenté l’impossible.

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Ce n’est un secret pour personne : chez Konbini, on adore l’exercice de classer des œuvres, des titres, parfois des choses plus légères. Surtout l’auteur de ces mots, qui prend toujours un malin plaisir à mettre à jour le classement des films Marvel ou DC dès qu’un nouveau film débarque. Il y en a néanmoins des plus difficiles que d’autres à faire.

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Pourquoi diable ai-je accepté de faire l’impossible ? Comment suis-je censé réussir à être objectif avec le groupe qui compte le plus pour moi, qui a formé l’adolescent que j’étais et qui m’accompagne depuis près de 20 ans ? Comment puis-je classer les albums des Red Hot Chili Peppers ? Sachant que sur 13 albums, j’en adore 9 ?

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Et pourtant…

#13. The Red Hot Chili Peppers (1984)

On ne va pas se mentir ; disque important ne veut pas dire bon disque. Ce n’est pas parce que c’est le tout premier et qu’on y trouve Kiedis et Flea que c’est une réussite. Niveau production, c’est encore assez amateur. Hillel Slovak et Cliff Martinez ne font pas partie de l’équipe en studio, remplacés temporairement juste pour enregistrer les morceaux — et ça sent. Reste “True Men Don’t Kill Coyotes” et “Out in L.A.”, quand même.

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#12. One Hot Minute (1995)

Un choix clivant, mais assumé. À un moment, il faut être réaliste. Ce n’est pas parce que “Aeroplane” est un tube, que “Pea” est un titre chouchou des fans (qu’on a adoré voir en version actualisée sur la scène du Stade de France), et que “My Friends” est très beau, que l’alchimie entre les trois membres et Dave Navarro est réelle. On se leurre en se disant qu’au moins, c’est différent. Non. La vérité est que c’est violent pour rien, pas assez mélodique pour ce groupe et c’est l’un des disques les moins importants de la formation. 

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#11. Freaky Styley (1985)

Slovak bien présent cette fois, George Clinton est également de la partie. Ce disque, le vrai premier dira-t-on, est ce qui se rapprochera le plus d’un album des Red Hot purement funk. On fait des reprises de Sly and the Family Stone ou de The Meters. On ramène Maceo Parker pour quelques notes de saxophones par-ci par-là. Avec parfois des sursauts de punk, avec “Catholic School Girls Rule”. Pas le plus marquant, on est d’accord, mais le début de la création d’un son.

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#10. I’m with you (2011)

L’arrivée du protégé de Frusciante pour le remplacer dans la bande, Josh Klinghoffer, n’a pas été du goût de tous. En tout cas, pas du mien. Il n’empêche que le titre issu de la première journée de répétitions, où Kiedis a appris la mort de Brendan Muller (un ami de longue date qui les avait aidés au début de leur carrière), “Brendan’s Death Song”, est un petit bijou et qu’étrangement, “The Adventures of Rain Dance Maggie” a été un gros carton important pour la clique.

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#9. Return of the Dream Canteen (2022)

Ça y est, on rentre dans le cercle des disques qu’on aime tous, mais qu’on doit quand même classer. Peut-être que c’est parce que l’on n’a pas eu assez de temps pour digérer l’album, mais on se sent obligé de le mettre ici. Ce qui n’est pas une mauvaise note, vraiment pas. Il semble contenir moins d’énormes singles, juste un très beau rab à Unlimited Love. Et ça nous va.

#8. Unlimited Love (2022)

Le retour du messie. Certains auraient aimé y trouver plus de folie, plus de gros riffs, plus de solos. C’est un retour subtil, où un Flea sait prendre le relais, que l’on a eu. Une fois les premières écoutes passées, le fait est que l’on tombe amoureux de certains titres très facilement et qu’il contient de vraies surprises, comme “Bastards of Light”. Un beau disque, que certains snoberont — à tort.

#7. Stadium Arcadium (2006)

Les double-albums sont rares. Enfin, les vrais double-albums, ceux de 28 chansons. Alors, forcément, on ne peut pas avoir 28 tubes, un sans-faute avec ce genre de format semble impossible. Pourtant, il y a peu de choses à jeter. Des singles à d’autres moins mis en avant comme “If” ou le très beau “Slow Cheetah”, un disque régalade — pas le plus original de la bande, mais une franche réussite quand même.

#6. The Uplift Mofo Party Plan (1987)

Le disque essentiel du début du groupe. Jack Irons joue vraiment à la batterie cette fois, et la formation a trouvé son ton, son ADN. Slovak est au summum de son inventivité (écoutez le solo de “Backwoods” ou le sitar de “Behind the Sun”) et trouve le parfait mix entre un groove funky et style punk rap. Pas toujours pris en considération, pourtant un grand disque.

#5. The Getaway (2016)

L’autre place clivante de ce classement, j’en ai conscience. Peut-être que la production de Danger Mouse n’a pas plu aux puristes. Peut-être que d’autres n’arrivaient pas à se faire au jeu de Klinghoffer. Pourtant, c’est le moment où le sent enfin à l’aise, libérés (temporairement) du poids de l’héritage de Frusciante. Alors oui, Flea n’est pas inspiré, la batterie de Smith semble moins puissante que d’habitude. Malgré tout, c’est sans doute le disque pépite mésestimé de tous, à tort.

#4. Mother’s Milk (1989)

Réussir à revenir après la mort d’un membre (et pas n’importe lequel) a dû être difficile bien que cathartique pour Kiedis et Flea. Réussir à trouver des remplaçants d’aussi grande qualité, aussi jeunes (pour rappel, Frusciante avait 19 ans à peine quand il a signé), qui collent autant à l’univers du groupe, pour pondre un grand disque — le premier qui sera disque d’or —, est un exploit. Un exploit et un succès mérité.

#3. By the Way (2002)

Sur cette place, il est possible que ce soit la nostalgie qui parle. Peut-être cet album ne mérite pas d’être sur le podium. Sans doute que l’amour inconditionnel pour le live à Slane Castle y joue pour beaucoup. Le fait est qu’un disque qui contient des tubes comme “By the Way”, “Universally Speaking”, “Don’t Forget Me”, “The Zephyr Song”, “Can’t Stop”, “Throw Away Your Television” ou encore “Venice Queen” ne pouvait pas être plus bas dans ce classement. C’est un fait objectif.

#2. Californication (1999)

Un disque charnière, qui marque pas mal de changements. Déjà, avec le retour d’un John Frusciante sobre, et pourtant plus inspiré qu’il ne sera jamais par la suite. Mais aussi pour ce virage pop assumé. Si la fusion entre le rock et le hip-hop a toujours été au centre de l’entreprise (et le reste par moments, “Around the World” et “Get on Top” en sont la preuve), Californication marque un virage mélodique important. Kiedis ne chantera jamais aussi bien que sur cet album. Un beau moyen de tourner la page et d’avancer, certes, mais plus que ça. Un disque culte, important, dont certains des singles sont au firmament de l’histoire de la musique. Et ce n’est vraiment pas rien.

#1. Blood Sugar Sex Magik (1991)

Étrangement, le choix le plus facile de ce classement. Le deuxième album de John Frusciante ne pouvait être placé ailleurs. On ne sait pas ce qui fait la magie de ce disque. Peut-être les semaines passées dans cette grande maison devenue studio. Peut-être l’arrivée de Rick Rubin derrière les machines. Peut-être un cumul de plein d’autres choses, allant du hasard faisant que Rubin soit tombé sur le poème caché de Kiedis qui allait devenir “Under the Bridge”, à l’inspiration absolument incroyable d’un Frusciante révolutionnaire comme il n’arrivera malheureusement jamais à le redevenir. Leur meilleur, pour toujours. Le chef-d’œuvre incontestable, qui ne vieillira — on l’espère — jamais.