De Wizkid à Skepta, présentation de la nouvelle team de coach Drake

Publié le par Naomi Clément,

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Popcaan

Popcaan fait partie de cette nouvelle génération d’artistes jamaïcains qui cherchent à exporter le dancehall au-delà des eaux chaudes des Caraïbes. Depuis la sortie de son très bon premier album Where We Come From en 2014 (si ce n’est pas déjà fait, on vous recommande chaudement d’écouter le titre “Love Yuh Bad”), ce chanteur de 27 ans n’a cessé d’attirer l’attention des producteurs et rappeurs les plus prolifiques du moment.
L’année dernière, on le retrouvait ainsi aux côtés de Jamie xx et Young Thug sur le titre “I Know There’s Gonna Be (Good Times)”, sacré par Spotify comme l’un des tubes de l’été 2015. À présent, Andrae Hugh Sutherland (de son vrai nom) berce de son accent patois le titre “Controlla” de Drake, contribuant un peu plus à la glorification du dancehall, un genre souvent ignoré par cette grande machine qu’est l’industrie musicale.

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Skepta

Certes, Skepta n’est pas un petit nouveau dans l’industrie musicale. Mais son succès international, porté notamment par le titre “Shutdown”, a véritablement commencé il y deux ans. Coïncidence ou non, c’est à cette époque que l’intérêt de Drake à l’égard du MC anglais débute. En 2014 en effet, le Canadien clamait sur le titre “Used To” de Lil Wayne : “Shout out to the G’s from the ends, We don’t love no girls from the ends”, une référence directe au génial “That’s Not Me” de Skepta, dans lequel le Londonien débite : “Love for the G’s in the ends, But we don’t love no girls in the ends“.
Depuis, les deux artistes semblent s’être liés d’une véritable amitié, échangeant mentions légèrement fragiles sur Instagram (ici ou là) et multipliant apparitions et collaborations. Lors de la dernière édition du festival Wireless, qui se tenait à Londres en juillet 2015, les deux rappeurs ont délivré une performance acclamée en organisant un duo sur le très bon “Shutdown” de Skepta. Cerise sur le gâteau : ils délivraient quelques jours plus tard un superbe remix du titre “Ojuelegba” d’un certain Wizkid…

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Wizkid

Il nous vient tout droit du Nigéria avec, dans ses bagages, plein de talent et une petite carrière déjà bien remplie. Wizkid fait partie de ces perles déjà structurées que Drake a su faire briller davantage, en lui passant le bras sur l’épaule pour l’emmener avec lui sur quelques morceaux.
Première collaboration entre le prince de l’afrobeat et le roi de Toronto, et première claque : c’était lors de l’été 2015, lorsque les deux hommes, accompagnés de Skepta, s’associaient sur le remix d'”Ojuelegba“, originellement single de Wizkid, extrait de son deuxième album. Bingo, le morceau, efficace, prend plus d’ampleur et fait bouger les hanches durant cette période estivale.

Un an plus tard, voilà que Drake enrôle de nouveau l’un de ses petits préférés pour le faire grimper à ses côtés sur le toit du hip-hop, grâce à l’ascenseur “One Dance”, piste 12 de Views. Un titre sur lequel figure la Britannique Kyla – que l’on vous présente juste après –, et qui occupe actuellement la première place des charts au Canada et en Angleterre.
Si Drake l’a éclairé internationalement d’une lumière considérable, Wizkid ne l’a pas attendu pour “percer” dans son domaine. Musicien depuis ses 11 ans, il avait, avant de collaborer avec le rappeur canadien, deux albums derrière lui, plusieurs singles et d’importantes distinctions comme un BET Award, un MOBO Award ou trois nominations aux MTV Europe Music Awards. Premier artiste nigérian à atteindre le million de followers sur Twitter, Wizkid est par ailleurs en concurrence avec Davido pour le trône du chanteur le plus influent du Nigéria. En 2013, Forbes l’incluait parmi les dix artistes africains les plus bankables, à la cinquième place d’un classement jadis dominé par Akon.
Et dire qu’il n’a que 25 ans.

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Kyla

Kyla s’était faite remarquer en 2007 grâce au titre “Do You Mind” du producteur et DJ Paleface, pour lequel elle a prêté sa voix, et surtout grâce au remix de celui-ci par le collectif Crazy Cousinz.
Près d’une décennie plus tard, Drake offre une seconde vie à “Do You Mind” puisque le morceau “One Dance” de Views intègre un sample (très ralenti) de “Do You Mind” – et donc, de la voix de Kyla. D’ailleurs, cette chanteuse anglaise de 32 ans, qui a quitté son poste de professeur il y a sept ans pour se consacrer à sa carrière musicale, a eu bien du mal à croire que Drake se soit intéressé à son travail. Dans un entretien accordé à Pitchfork, cette dernière confiait :

“Oui, [j’ai d’abord cru que c’était un poisson d’avril !] J’étais avec des amis […] et j’ai commencé à recevoir des messages très courts et urgents de type : ‘S’il te plaît, contacte Sony. Ils essaient de faire un truc avec toi.’ Et j’étais genre : ‘Ouais ouais, je le ferai tout à l’heure…‘ […]
J’ai fini par les appeler quelques heures plus tard, et quand ils ont prononcé le mot ‘Drake’, je me suis dit : ‘Ahh ! Pourquoi j’ai attendu si longtemps ?‘ L’équipe de Drake était littéralement genre : ‘On a fait un son pour lequel on a utilisé ton morceau, et on veut vraiment que ce son soit l’un des premiers singles de l’album de Drake.‘ J’avais en tête de pousser un peu pour qu’ils en fassent un featuring plutôt qu’un simple sample, mais je n’ai même pas eu besoin de le faire, ils m’ont directement dit : ‘Ça te dirait d’être en featuring dessus, plutôt que d’être juste samplée ?’

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Section Boyz

Ils ne sont pas sur son nouvel album, n’ont jamais collaboré avec lui, mais Drake garde un œil bien ouvert sur eux. Section Boyz est un crew de six mec originaires de South London : Littlez, Inch, Sleeks, K Nine, Swift et Deepee. Leurs grands frères s’appellent Ghost, Skepta, Stormzy. Quant à Drake, le rôle de l’oncle lui colle parfaitement.
Actifs localement, ils ne tarderont pas à sortir de leur underground pour exploser hors de leurs frontières, surtout si le soutien du Torontois se poursuit à leur égard, eux qui n’ont pour le moment sorti qu’une mixtape. Pour le moment, le boss d’OVO tourne autour d’eux, traine avec eux, et leur a récemment accordé une apparition dans leur dernier clip, celui du déchaîné “Dig Dat”, tourné à l’occasion de leur show post-BRIT Awards.

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Majid Jordan

“I got my eyes on you, you’re everything that I see. I want your hot love and emoootion, eeeendleeeessly” : un début de chanson pas très difficile à reconnaître. Vous l’aurez donc deviné, ces paroles sont issues du hit en puissance “Hold On, We’re Going Home“, qui a frappé la sphère R’n’B en 2013. Extrait du troisième album de Drake, Nothing Was the Same, le morceau introduit de la plus belle des manières Majid Al Maskati et Jordan Ullman, l’un au chant l’autre à la prod’, formant le duo ultra-complet Majid Jordan.
Cette première collaboration, couplée à  l’EP Afterhours diffusé sur SoundCloud sous le nom de Good People, convainquent Noah “40” Shebib, Drake et Oliver El-Khatib de signer le duo de Toronto sur leur label OVO Sound. Ils y sortiront leur premier EP officiel, A Place Like This, suivi de leur excellent premier album éponyme, le 5 février 2016. Et cette fois-ci, c’est Drake qui s’invite sur un de leurs singles, “My Love”.

Contrairement aux autres artistes ici présentés, ils commencent déjà à voler de leurs propres ailes, après deux années aux côtés d’Aubrey Graham. Marchant dans les pas d’un PartyNextDoor, ILoveMakonnen ou mieux, The Weeknd, sur le chemin de l’émancipation. En leur souhaitant de connaître une aussi belle carrière que leurs prédécesseurs.

Au tour de Rejjie Snow ?

Quels autres joueurs rejoindront le roster de coach Drake ? De jeunes artistes sont dans son radar, comme le natif de Toronto Ramriddlz, dont Drake a remixé un son, ou… tiens, lançons les paris : Rejjie Snow.
De plus en plus bouillant, le rappeur irlandais fend les frontières de son pays pour se faire entendre jusque sur la Côte Ouest des États-Unis en passant par la France et… l’oreille de Drizzy. S’affichant régulièrement avec des sweats brodés OVO, Rejjie Snow nous confie chiller et discuter avec la bande à Drake, les qualifiant de grands malades. Laissons le mystère planer, en attendant d’en savoir assurément plus très bientôt.
Article écrit par Naomi Clément et Rachid Majdoub

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