Immersion dans le sombre et formidable quotidien des sumos japonais documenté en toute intimité par Lord K2

Publié le par Lise Lanot,

© Lord K2

Le photographe Lord K2 a infiltré pendant un an le monde mystérieux et rigoureux des sumos japonais.

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Amateur de sport, Lord K2 confie avoir toujours été curieux de savoir “ce qui se passait dans les coulisses, quand les caméras des terrains étaient éteintes”. Attiré par le “mystère” qui entoure parfois les modes de vie des athlètes, le photographe s’est retrouvé fasciné par les plus secrets des sportif·ve·s : les sumos. Malgré les grandes “difficultés à obtenir des permissions pour les approcher”, il a souhaité rencontrer ces athlètes dont on connaît si peu de choses.

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Sa “patience” et sa “persévérance” ont fini par payer, se réjouit-il en vidéo, et il a pu photographier des sumos de tout âge pendant un an, durant leurs combats, leurs entraînements, mais aussi leurs moments de repos. Tout y est grandiose : les stades sont immenses, le public est nombreux, les corps sont massifs et l’histoire est ancienne. La pratique fascine les foules depuis plus d’un millénaire, reliant le Japon moderne à ses traditions ancestrales.

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Deux rikishi discutent sans pression pendant un entraînement. (© Lord K2)

Lord K2 a immortalisé la ferveur des combats et tout le travail qui les précèdent. Des textes accompagnent les images, qui rapportent le quotidien millimétré de ces athlètes qui vivent, s’entraînent, se conseillent, mangent et dorment ensemble. Le lever se fait entre cinq et sept heures avant d’attaquer des exercices de souplesse, de musculation, d’endurance et de technique. La journée est ponctuée de repas “à très hautes calories”, suivies “de saké et de bière puis d’une sieste afin de bien transformer la nourriture en gras”.

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Ce régime alimentaire riche en graisses a ses conséquences : les sumos vivent une dizaine d’années de moins “que le Japonais moyen”. Leur mode de vie, particulièrement exigeant, les tient à l’écart de la société japonaise. Ancrés dans le protocole et les traditions, les sumos ont certaines interdictions : ils n’ont pas le droit de conduire, ni de porter des vêtements modernes. C’est pour cela “qu’on les voit dans les transports en commun ou à vélo vêtus de kimonos traditionnels”, décrit Lord K2. Une certaine attente gouverne également leur comportement : ils doivent être réservés et courtois en toutes circonstances, ainsi que farouchement respecter leur hiérarchie.

Ce dévouement à toute épreuve et cet écart entre l’ardeur des combats et la sévérité du quotidien créent autant de fascination que de rejet. Le photographe rapporte le déclin d’intérêt des jeunes pour la pratique. En une centaine de photographies, Sumo rend hommage à ce sport, à ses traditions, à sa mentalité et à ses athlètes, sans omettre ses difficultés et parts d’ombre.

Un matawari à la fin d’un entraînement. (© Lord K2)

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© Lord K2
Un petit garçon peut avoir l’ambition de devenir sumo professionnel mais il ne saura pas avant une dizaine d’années si sa taille et son poids seront suffisants. (© Lord K2)
Des combattants professionnels en herbe posent au centre sportif d’Akiruno à Tokyo. L’entraînement est dur, même pour les plus jeunes. Si un enfant n’a pas un esprit assez combatif, il sera vite découragé de poursuivre une carrière dans le monde des sumos. (© Lord K2)

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Un entraînement au petit matin à Ryogoku. (© Lord K2)
Des rikishi s’entraînent à la fin d’un entraînement. (© Lord K2)
Une fresque à Tennoz Isle, Tokyo, peinte par l’artiste allemand Case Maclaim, montre E. Honda (un personnage de jeu vidéo). (© Lord K2)

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Sumo, de Lord K2, est publié aux éditions Ammonite Press – et à partir de mars 2023 pour l’international.