C’est grâce à Jim Carrey qu’on a eu le droit à Rihanna au show du Super Bowl

Publié le par Pierre Bazin,

Ou comment les débuts de l’acteur sont intimement liés à la mi-temps du Super Bowl.

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Le 31 janvier 1993 s’est tenu la 27e finale de la ligue de football américain (NFL), ou plus simplement le Super Bowl XXVII. Cette année-là, ce dont on se souviendra, ce n’est pas tant la rencontre sportive entre les Cowboys de Dallas et les Bills de Buffalo, mais bien… la mi-temps. Pour la première fois dans l’histoire de cette finale prestigieuse, une star de la musique a débarqué, et pas n’importe laquelle : Michael Jackson.

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Le roi de la pop a ainsi offert à des dizaines de millions de téléspectateurs une performance exceptionnelle qui marquera à jamais les esprits.

Des shows toujours plus grands

À partir de cette édition, la NFL fera systématiquement appel à des superstars pour assurer le spectacle de la mi-temps du Super Bowl. Parmi les grands noms, on peut ainsi citer les Rolling Stones, Beyoncé, Prince ou encore les Red Hot Chili Peppers.

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À la dernière édition, en 2023, c’est Rihanna qui a assuré le show (le tout enceinte) et a battu le record d’audience de cette mi-temps désormais iconique, avec plus de 121 millions de téléspectateurs.

Mais si, aujourd’hui, le show de la mi-temps est attendu comme un événement à part entière du fait de la grande renommée des artistes invités, cela n’a pas toujours été le cas. Et l’acteur Jim Carrey n’y est d’ailleurs pas pour rien.

La stratégie du “contre-programme”

En 1992, un an avant la performance de Michael Jackson, le Super Bowl XXVI en est encore à sa même vieille recette en ce qui concerne l’animation de mi-temps. Avec ses majorettes, ses fanfares et ses danses de bal, le spectacle du Super Bowl est jugé assez “ringard” depuis déjà quelques années.

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Le show de la mi-temps ne semble plus en adéquation avec la nouvelle pop culture montante. Le Super Bowl est déjà un événement télévisuel très regardé outre-Atlantique pour la chaîne CBS mais la mi-temps commence à être boudée.

De l’autre côté du câble, on retrouve les débuts de la Fox sur le petit écran. Avant de devenir le réseau télévisuel géant que l’on connaît aujourd’hui, c’est une chaîne beaucoup plus “alternative” et dont la popularité ne cesse de monter depuis son lancement en 1986.

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Le 26 janvier 1992, durant la mi-temps du Super Bowl, la Fox organise pour la première fois un “contre-programme” au show de la finale de la NFL. Entre 22 millions et 25 millions de téléspectateurs quittent alors CBS pour zapper sur la Fox afin de regarder un épisode spécial d’In Living Color, émission humoristique à sketchs dans laquelle un talentueux acteur commence à se démarquer : James Carrey.

Contre-programme mais surtout contre-culture

“Je sais ce que vous pensez : ‘Ces idiots vont me faire rater la seconde période !'” entonne l’animatrice. “C’est pour cela qu’un décompte a été ajouté, afin que vous ne ratiez rien de toute cette brutalité sportive !” reprend Jim Carrey – alors encore crédité comme James Carrey. Le ton est donné et, pendant un peu plus de vingt-six minutes, les comédiens vont enchaîner sketch sur sketch, tous plus hilarants les uns que les autres.

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Nombre de ces sketchs sont d’ailleurs en lien avec le football américain, avec des parodies et même des satires très directes à l’encontre du milieu. Le sketch “Men on Football” présente ainsi Blaine Edwards et Antoine Merriweather, deux personnages gays et afro-américains qui critiquent ouvertement le virilisme du milieu sportif.

Comme son nom l’indique, In Living Color est un parfait exemple de la contre-culture montante incarnée par de nombreux acteurs et comédiens afro-américains à l’époque. Rare Blanc du casting de l’émission, Jim Carrey n’hésite pas y incarner des stéréotypes de chanteurs rednecks, racistes et républicains.

Présent sur les cinq saisons du show, c’est ici que l’acteur canadien pourra exprimer tout son talent dans de nombreuses parodies, imitations et critiques vives du système.

Un an plus tard, face à la fuite d’audience provoquée par cette “contre-mi-temps”, la NFL décide de monter en gamme. Exit les spectacles ringards de majorettes, ce seront désormais des superstars de la pop et du rock qui assureront le show de la mi-temps. Et qui de mieux que Michael Jackson pour rassembler ?