À corps perdu, un court-métrage engagé et contemplatif sur la mode

Publié le par Lucille Bion,

( © Justine Oïley )

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Jeune réalisatrice engagée, Justine Oïley rend hommage à Isabelle Caro avec À corps perdu, un court-métrage qui ausculte le quotidien d’un mannequin avide de liberté.

Soutenue par Patrick Poivre d’Arvor, Justine Oïley a réalisé un court-métrage sublime sur la liberté volée des mannequins. Cette jeune réalisatrice française a pris le risque de faire un film dont personne ne voulait. Pour parler de l’anorexie, elle a préféré ne jamais nommer cette maladie et privilégier le sensitif en insistant, avec une lenteur assez théâtrale sur les troubles du regard sur soi et sur la déformation visuelle.
Difficilement accessible d’un point de vue narratif, l’histoire de cette modèle sous pression nommée Isaure, est à la fois adaptée de la nouvelle d’Ambre Seudre (l’actrice du film) La cinquième saison, et rend hommage à la comédienne Isabelle Caro (Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec), qui souffrait d’anorexie, décédée en 2010 dans des circonstances obscures.

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Interroger la place des femmes

Le court-métrage offre ainsi des scènes féériques et lumineuses qui opposent la délicatesse de la danse, comme discipline libératrice, aux gestes mécaniques du mannequinat. Avec À corps perdu, Justine Oïley continue à interroger la place de la femme dans la société moderne.
Elle s’est même offerte pour compositeur, Moritz Reich, qui a travaillé sur le dernier film de Rebecca Zlotowski, Planetarium avec Natalie Portman et Lily-Rose Depp.
Toujours déterminée, la réalisatrice travaille actuellement sur un nouveau projet, Drôle d’oiseau, coécrit à nouveau avec Ambre Seudre, un film sur une petite fille rom, traité sans angélisme. Le duo veut transmettre un message sur les clichés sans culpabiliser le spectateur. Ainsi, ce film actuellement en développement, s’entiche toujours du même objectif : faire réfléchir en suscitant des émotions.

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