Manifestation à Paris : lycéens, journalistes… des dizaines d' »arrestations arbitraires »

Publié le par Clothilde Bru,

Associations, syndicats et élus dénoncent plusieurs interpellations lors de la manifestation contre la loi "sécurité globale".

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Plusieurs associations et syndicats, ainsi que des élus LFI, ont dénoncé dimanche 13 décembre des « arrestations arbitraires » lors de la manifestation la veille contre la très controversée proposition de loi « sécurité globale » à Paris, où près de 150 manifestants ont été interpellés.

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« Interpellations en masse, charges infondées faisant éclater le cortège, retenues sans motif légitime au-delà du délai légal, gardes à vue notifiées à la chaîne sur la base d’infractions pénales dévoyées… » : pour ces associations dont Attac, le Syndicat national des journalistes et la Ligue des droits de l’Homme, la liste des « dérives inadmissibles » est longue.

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« Comme nous le redoutions », poursuivent-ils dans leur communiqué, « la manifestation parisienne, bien que dûment déclarée par un collectif d’organisations et autorisée par la préfecture de police, s’est transformée en souricière ».

Le député LFI Éric Coquerel a dénoncé sur Twitter la garde à vue « complètement autoritaire de nombreux manifestants ». Il a indiqué avoir exercé dimanche son « droit de visite parlementaire dans les commissariats » où étaient retenus des manifestants.

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D’autres élus LFI comme Alexis Corbière et Danielle Simonnet se sont rendus devant des commissariats de la capitale aux côtés des familles et amis.

À Paris, parmi les 10 000 manifestants selon les organisateurs, moitié moins selon la police, 124 ont été placés en garde à vue, selon un nouveau bilan du parquet de Paris. Parmi eux, au moins deux journalistes : un reporter du média QG et un autre du collectif Reporters en colère (REC).

La garde à vue du premier a été prolongée dimanche, a indiqué à l’AFP la fondatrice de QG, Aude Lancelin. Il est soupçonné d’« attroupement en vue de commettre des violences », de « refus d’obtempérer à un ordre de dispersion » et de « dissimulation du visage » alors que, selon Aude Lancelin, il portait un simple masque de protection.

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Une vingtaine de mineurs en garde à vue

Le reporter de REC a lui été relâché dimanche sans poursuite, a indiqué à l’AFP Emmanuel Vire, du SNJ-CGT.

Deux lycéens interpellés dans le cortège ont eux aussi été libérés sans poursuite dimanche après-midi, tandis que deux lycéennes mineures ont, elles, écopé d’un rappel à la loi, a-t-il ajouté.

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Selon un bilan provisoire du parquet de Paris dimanche soir, sur les 19 mineurs placés en garde à vue, 14 ont obtenu un classement sans suite dont cinq après un rappel à la loi et quatre ont reçu une convocation devant le délégué du procureur. Un dernier a vu sa garde à vue levée pour poursuite de l’enquête.

Sur les 105 majeurs en garde à vue, 66 ont bénéficié d’un classement sans suite dont 27 après un rappel à la loi.

Six personnes seront jugées en comparution immédiate lundi et une autre a accepté une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Deux personnes ont pour leur part été libérées sans être poursuivies à ce stade, mais l’enquête les concernant se poursuit.

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Trente personnes étaient toujours en garde à vue dimanche soir.

Après deux manifestations contre la loi « sécurité globale » marquées par des violences à Paris, les forces de l’ordre ont samedi changé de tactique en intervenant tout au long de la manifestation par « bonds offensifs » pour interpeller toute personne soupçonnée de vouloir constituer un « bloc ».

Selon les forces de l’ordre, ces « blocs » se constituent de petits groupes très mobiles qui se greffent sur le cortège pour détruire des commerces et en découdre avec la police.

Konbini news avec AFP