Guantánamo : Joe Biden veut fermer les portes du pénitencier

Publié le par Hugo Gabillet,

© Brendan Smialowski / AFP

Et ce avant la fin de son mandat.

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Lors d’une conférence de presse datant du vendredi 12 février, Jen Psaki, la porte-parole de la Maison-Blanche, a affirmé que Joe Biden souhaitait fermer l’emblématique prison de Guantánamo avant la fin de son mandat : “C’est certainement notre objectif et notre intention.”

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En réalité, est-ce véritablement possible, là où un certain Barack Obama, qui fut le président des États-Unis de 2009 à 2017, a déjà échoué dans l’exercice ? Retour sur l’existence d’une des prisons les plus célèbres au monde.

Cuba en janvier 2002 : le commencement

Sous la présidence de George W. Bush, l’armée américaine avait construit un centre de détention sur une base navale appartenant aux États-Unis, à la pointe est de l’île de Cuba. C’est en 1903, après le conflit de la guerre hispano-américaine pour l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ont obtenu la location perpétuelle de la baie.

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Le 11 janvier 2002, les vingt premiers détenus y sont incarcérés, quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001. La prison militaire accueille des détenus liés à la “guerre contre le terrorisme”, comme Khaled Cheikh Mohammed, autoproclamé cerveau des attentats du World Trade Center.

Guantánamo abrite encore une quarantaine de détenus, dont la majorité sont considérés comme trop dangereux pour être remis en liberté. La complexité de leur dossier fait que les procédures légales s’éternisent.

Dès cette époque, cette prison incarne les excès dans la lutte antiterroriste des États-Unis. Les images des prisonniers en combinaison orange, derrière des grillages surmontés de fil barbelé, ont choqué, tout comme les gavages imposés à ceux refusant de se nourrir.

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Dans “la guerre contre le terrorisme” lancée par George W. Bush, 780 individus ont été détenus pour leurs liens présumés avec Al-Qaïda et les talibans. Quelques centaines ont été libérés ou transférés vers leur pays natal.

Fermeture de Guantánamo : Obama l’avait promis

C’était l’une de ses promesses : fermer le site cubain dès le début de son mandat en 2009 “pour que l’Amérique retrouve sa notoriété morale dans le monde”. Pour autant, la tâche n’a pas été aisée. Bloqué par le Congrès, à majorité républicaine, Barack Obama, président démocrate, n’a rien pu faire de mieux que de délester la prison d’un peu moins de 200 individus, remis en liberté.

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Lors de sa dernière campagne présidentielle en 2012, Barack Obama avait une nouvelle fois promis la fermeture du centre, sans donner de date précise. En 2016, les membres du Congrès craignaient que les juridictions fédérales libèrent les prisonniers extrajudiciaires, faute de preuves obtenues de façon légale.

L’exécutif avait identifié treize sites sur le sol américain pouvant accueillir les détenus jugés non libérables. Le coût d’un tel transfert ? Entre 290 et 475 millions de dollars. Un compromis alors impossible entre démocrates et républicains.

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Quid de Donald Trump ?

Durant sa campagne présidentielle de 2016, le candidat républicain Donald Trump avait quant à lui affiché sa volonté de maintenir les portes de la prison de Guantánamo ouvertes. Son objectif ? “La remplir de mauvais gars.” Position qu’il a conservée une fois élu.

En 2018, il avait même envisagé d’y incarcérer de nouveaux détenus. Dans un discours sur l’état de l’Union – présentant son programme pour l’année en cours –, le républicain avait prévenu que pour les djihadistes de l’État islamique faits prisonniers en Syrie et en Irak, “ce [serait] maintenant Guantánamo Bay”.

Enfin, il avait annoncé avoir signé un décret ordonnant au ministère de la Défense de “réexaminer la politique d’incarcération militaire et de maintenir ouvertes les installations carcérales de Guantánamo Bay”.

Mettre un terme à Guantánamo : le défi de Biden

“Nous avons donc entamé un processus avec le Conseil de la sécurité nationale […] pour travailler avec les différentes agences fédérales et évaluer la situation actuelle […], que nous avons héritée du gouvernement précédent”, a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche. Un challenge qui s’annonce complexe pour le nouveau président américain.

En janvier, le porte-parole du Pentagone a annoncé la suspension du projet visant à vacciner les prisonniers de Guantánamo contre le Covid-19 : “Aucun détenu de Guantánamo n’a été vacciné.” Joe Biden s’était engagé à vacciner 100 millions d’Américains dans les premiers 100 jours de son mandat. Toutefois, cette promesse s’est avérée difficile à tenir en raison de diverses difficultés techniques, dont le manque de vaccins. La décision de vacciner les prisonniers de Guantánamo avait provoqué une controverse auprès de la population américaine.

Le républicain Kevin McCarthy s’en était scandalisé sur Twitter : “Le président Biden nous a dit qu’il avait un plan pour vaincre le virus […]. Il ne nous a pas dit qu’il entendait donner le vaccin aux terroristes avant la plupart des Américains.”

Le président américain semble s’être engagé sur de multiples dossiers. Arrivera-t-il à tous les boucler ?

Konbini news avec AFP